Racisme : Patrick Vieira signe une tribune dans le journal l’Equipe, une démarche forte

 

En réaction au mouvement Black Lives Matter, l’entraîneur de l’OGCNice appelle à la mobilisation de tous et de toutes les franges de la société pour « éradiquer un virus qui nous ravage depuis tant de siècles et semble encore plus incurable que les autres ».

« Tolérer l’intolérance, c’est se rendre coupable. Accepter la non-sanction, c’est accepter notre impuissance. Se contenter d’être spectateur du crime impuni, c’est assumer notre complicité. Se taire, c’est acquiescer ».

Georges Floyd, Mohamed Bouazizi, ces anonymes devenus figures mondiales.

 

Au départ de chaque mouvement sociétal profond, il y a toujours un événement dramatique déclencheur.

La mort de Georges Floyd peut faire partie de ces événements déclencheurs, l’histoire nous le dira.

C’est en tout cas la réflexion que me procure le moment que nous vivons depuis sa mort. Émotion accentuée par le caractère insoutenable de cette vidéo témoignant de son agonie qui a déclenché une onde de choc mondiale.

Partout dans le monde des manifestations contre le racisme ont eu lieu.

La cascade de réactions qui sont intervenues dans des domaines aussi différents que la dénonciation de violences policières dont certaines à caractère raciste, le choix de recontextualiser un des plus grands films de l’histoire du cinéma « Autant en emporte le Vent », ou l’acte de déboulonner des statues un peu partout, témoignent de l’ampleur de ce qui vient de se passer.

Cela n’est pas sans rappeler le destin de Mohamed Bouazizi, petit vendeur à la sauvette à qui la police confisqua sur le marché de Sidi Bouzid son chariot ambulant, le privant de sa seule source de revenus. Il se suicida en s’immolant par le feu, devenant le symbole et le déclencheur de la révolution du Jasmin et des printemps arabes.

Georges Floyd, Mohamed Bouazizi, deux destins qui ont contribué à faire l’histoire, bien malgré eux.

La manifestation contre les violences policières interdite !

Je viens d’apprendre que la manifestation contre les violences policières qui devait avoir lieu demain à 17 heures à partir de Magnan, était interdite par le préfet des Alpes-Maritimes.
Je comptais m’y rendre avec Nice au Cœur et je regrette vivement cette décision.

Les organisatrices avaient bien demandé à chaque participant de venir avec un masque aussi le risque sanitaire, mis en avant par le maire de Nice ne m’apparaît que comme un prétexte fallacieux.

S’il n’est pas question d’importer en France les pratiques policières des États-Unis qui, périodiquement, aboutissent à des drames comme le meurtre ( requalifié par le procureur) de Georges Floyd, il aurait été naïf de penser que les images de cet homme implorant de pouvoir respirer restent sans conséquences dans nos démocraties occidentales. Ces images ont indigné et ému le monde entier.

En France, il est grand temps d’agir pour précisément ne pas laisser filer une situation qui se tend davantage à chaque fois que l’impunité s’organise autour de violences policières ou d’actes racistes provenant de policiers. ce serait indécent de ne pas le dire. De toute manière, il faut bien que certains policiers comprennent que c’est terminé. Les réseaux sociaux sont en train de mettre fin à l’impunité de tels actes. Les vidéos se multiplient ( « eh oui les bamboulas savent nager ») et ceux qui sont des démocrates engagés ne se contenteront plus longtemps de suspensions administratives.

Je veux pour mon pays une police qui assure notre sécurité, une police qui nous protège, sans chercher à savoir de quel quartier l’on vient, sans ségrégation territoriale, sans distinction de couleur de peau, sans distinction de religion, sans distinction de statut social. C’est cette police que je défends.

Certainement pas celle qui organise sur facebook des discussions virtuelles entre 8000 membres avec des centaines de messages racistes, sexistes et homophobes, que l’extrême droite couvre et sur laquelle Christophe Castaner ne peut plus se contenter de qualifier, mais doit agir.

Parce que je suis respectueux de l’ordre républicain, j’appliquerai les consignes du préfet des Alpes-Maritimes et je ne viendrai pas. Mais cette interdiction n’aboutira qu’ exacerber les rancoeurs.

Aujourd’hui je suis furieux de cette interdiction qui brise une démarche citoyenne, pacifique destinée à exprimer une colère légitime et je suis satisfait de voir des personnalités se lever pour dire ça suffit, ça ne peut plus durer. Qu’il s’agisse d’Omar Sy, de Killian M’bappé, de Tony Yoka ou de Yannick Noah, ils ont raison de se dresser.

Mais il ne faut pas faire de cette affaire une affaire de noirs, ce doit être l’affaire de tous les républicains. C’est pour cela que je comptais venir demain à 17 heures soutenir cette démarche.

 

Mort de George Floyd : celle de trop ?

Le 25 mai, comme le montre une vidéo de plusieurs minutes devenue virale, George Floyd est mort après qu’un policier a pressé son genou sur son cou alors qu’il était à terre dans la rue, non armé et menotté.

« S’il vous plaît, s’il vous plaît, je n’arrive pas à respirer », l’entend-on dire. Nous ne pouvons qu’être révolté en visionnant ces images !

Quatre policiers ont été licenciés après le décès de George Floyd. Derek Chauvin, celui qui a maintenu son genou sur son cou, a été arrêté vendredi et inculpé d’homicide involontaire.

Même si les sanctions ont été immédiates, ce dernier drame n’est que le reflet du racisme ordinaire qui subsiste aux États-Unis. « Cela ne devrait pas être ‘normal’ dans l’Amérique de 2020. Cela ne peut pas être ‘normal' », a écrit l’ancien président Barack Obama.

De Minneapolis à Washington, une vague de colère contre le racisme et les violences policières s’empare du pays depuis 5 jours.

Selon les informations de CNN, au moins 25 villes dans 16 États différents ont désormais mis en place des couvre-feux pour tenter d’éviter les violences. Douze États ont également activé la garde nationale.

C’est une situation gravissime qui, à ma connaissance, ne s’est plus produite depuis 1992 à Los Angeles pour une histoire semblable.

Il paraît que Georges Floyd voulait « faire avancer le monde » disait il à sa famille. Si seulement sa mort pouvait servir à cela.

27 avril 1848 c’était l’abolition de l’esclavage

 

L’homme qui a signé le décret d’abolition de l’esclavage s’appelait Victor Schœlcher.

Il est bon de rappeler en ce 172eme anniversaire qui était cet homme en faisant un peu d’histoire.

Dès 1831, après un voyage à Cuba, Schœlcher affirme dans la Revue de Paris que les esclaves sont des hommes donc sont libres de droit. En 1833, dans De l’esclavage et de la législation coloniale, il propose une libération progressive évitant les vengeances raciales et permettant aux esclaves d’acquérir l’autonomie économique et intellectuelle.

En avril 1847, la campagne de pétitions de la Société de morale chrétienne recueille 11 000 signatures.

À la fin de février 1848, pendant son voyage d’enquête au Sénégal, Schœlcher apprend la chute du roi Louis-Philippe. Il regagne Paris, contacte François Arago, ministre de la Marine et des Colonies, qui le nomme sous-secrétaire d’État chargé des colonies et des mesures relatives à l’esclavage.

Le 4 mars 1848, le décret, qui nomme Schœlcher, président de la commission d’abolition de l’esclavage chargée de préparer l’émancipation, est signé par le gouvernement provisoire de la toute jeune République. Le 5 mars, la commission voit le jour ; elle est présidée par Schœlcher. La commission tient sa première réunion le 6 mars, et le 27 avril, elle propose une série de douze décrets qui émancipent les esclaves (un article leur octroie le statut de citoyen, ils sont désormais appelés nouveaux citoyens ou nouveaux libres) et organisent l’avenir dans les colonies.

Ainsi près de 250 000 esclaves sont libérés (plus de 87 000 en Guadeloupe, près de 74 450 en Martinique, plus de 62 000 à La Réunion[12], 12 500 en Guyane, plus de 10 000 au Sénégal) d’après les demandes d’indemnisation présentées par les propriétaires. Badou Mandiang