PSG – Basaksehir 1 Racisme 0

Ce qui s’est passé à la 14eme minutes de ce match a une portée mondiale.
La décision des 22 joueurs de se solidariser après qu’un homme du banc turc ait été victime de propos racistes est une première. La symbolique est très forte.
Le fait que Neymar et M’bappé aient été à la pointe de cette affaire est très important car leur notoriété est mondiale.
Je suis personnellement ravi de voir Neymar et M’bappé à la pointe de cette affaire. C’est très important qu’ils s’engagent dans cette lutte contre le racisme car leur notoriété est mondiale et leur impact sur la jeunesse notable.
Reste que la circonstance de ce match est exceptionnelle puisqu’il se déroulait sans public à cause de la Covid. Que se passera t il demain, quand les supporters, comme ce fut le cas à Bastia ou à Brescia, vis à vis de Mario Balotelli, insulteront de nouveaux joueurs ? Sous la pression du public, les joueurs quitteront ils encore le stade ?
Il y a un précédent qui ne me rend pas optimiste. Il y a deux ans, les associations LGBT ont mené avec le ministère des sports un combat pour faire disparaître des stades les insultes homophobes. Les arbitres ont interrompu les matchs, renvoyé des équipes aux vestiaires. Finalement le corps arbitral a lâché prise et ces insultes refleurissent à nouveau.

Racisme : Patrick Vieira signe une tribune dans le journal l’Equipe, une démarche forte

 

En réaction au mouvement Black Lives Matter, l’entraîneur de l’OGCNice appelle à la mobilisation de tous et de toutes les franges de la société pour « éradiquer un virus qui nous ravage depuis tant de siècles et semble encore plus incurable que les autres ».

« Tolérer l’intolérance, c’est se rendre coupable. Accepter la non-sanction, c’est accepter notre impuissance. Se contenter d’être spectateur du crime impuni, c’est assumer notre complicité. Se taire, c’est acquiescer ».

Georges Floyd, Mohamed Bouazizi, ces anonymes devenus figures mondiales.

 

Au départ de chaque mouvement sociétal profond, il y a toujours un événement dramatique déclencheur.

La mort de Georges Floyd peut faire partie de ces événements déclencheurs, l’histoire nous le dira.

C’est en tout cas la réflexion que me procure le moment que nous vivons depuis sa mort. Émotion accentuée par le caractère insoutenable de cette vidéo témoignant de son agonie qui a déclenché une onde de choc mondiale.

Partout dans le monde des manifestations contre le racisme ont eu lieu.

La cascade de réactions qui sont intervenues dans des domaines aussi différents que la dénonciation de violences policières dont certaines à caractère raciste, le choix de recontextualiser un des plus grands films de l’histoire du cinéma « Autant en emporte le Vent », ou l’acte de déboulonner des statues un peu partout, témoignent de l’ampleur de ce qui vient de se passer.

Cela n’est pas sans rappeler le destin de Mohamed Bouazizi, petit vendeur à la sauvette à qui la police confisqua sur le marché de Sidi Bouzid son chariot ambulant, le privant de sa seule source de revenus. Il se suicida en s’immolant par le feu, devenant le symbole et le déclencheur de la révolution du Jasmin et des printemps arabes.

Georges Floyd, Mohamed Bouazizi, deux destins qui ont contribué à faire l’histoire, bien malgré eux.

La manifestation contre les violences policières interdite !

Je viens d’apprendre que la manifestation contre les violences policières qui devait avoir lieu demain à 17 heures à partir de Magnan, était interdite par le préfet des Alpes-Maritimes.
Je comptais m’y rendre avec Nice au Cœur et je regrette vivement cette décision.

Les organisatrices avaient bien demandé à chaque participant de venir avec un masque aussi le risque sanitaire, mis en avant par le maire de Nice ne m’apparaît que comme un prétexte fallacieux.

S’il n’est pas question d’importer en France les pratiques policières des États-Unis qui, périodiquement, aboutissent à des drames comme le meurtre ( requalifié par le procureur) de Georges Floyd, il aurait été naïf de penser que les images de cet homme implorant de pouvoir respirer restent sans conséquences dans nos démocraties occidentales. Ces images ont indigné et ému le monde entier.

En France, il est grand temps d’agir pour précisément ne pas laisser filer une situation qui se tend davantage à chaque fois que l’impunité s’organise autour de violences policières ou d’actes racistes provenant de policiers. ce serait indécent de ne pas le dire. De toute manière, il faut bien que certains policiers comprennent que c’est terminé. Les réseaux sociaux sont en train de mettre fin à l’impunité de tels actes. Les vidéos se multiplient ( « eh oui les bamboulas savent nager ») et ceux qui sont des démocrates engagés ne se contenteront plus longtemps de suspensions administratives.

Je veux pour mon pays une police qui assure notre sécurité, une police qui nous protège, sans chercher à savoir de quel quartier l’on vient, sans ségrégation territoriale, sans distinction de couleur de peau, sans distinction de religion, sans distinction de statut social. C’est cette police que je défends.

Certainement pas celle qui organise sur facebook des discussions virtuelles entre 8000 membres avec des centaines de messages racistes, sexistes et homophobes, que l’extrême droite couvre et sur laquelle Christophe Castaner ne peut plus se contenter de qualifier, mais doit agir.

Parce que je suis respectueux de l’ordre républicain, j’appliquerai les consignes du préfet des Alpes-Maritimes et je ne viendrai pas. Mais cette interdiction n’aboutira qu’ exacerber les rancoeurs.

Aujourd’hui je suis furieux de cette interdiction qui brise une démarche citoyenne, pacifique destinée à exprimer une colère légitime et je suis satisfait de voir des personnalités se lever pour dire ça suffit, ça ne peut plus durer. Qu’il s’agisse d’Omar Sy, de Killian M’bappé, de Tony Yoka ou de Yannick Noah, ils ont raison de se dresser.

Mais il ne faut pas faire de cette affaire une affaire de noirs, ce doit être l’affaire de tous les républicains. C’est pour cela que je comptais venir demain à 17 heures soutenir cette démarche.