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Les Roms place Masséna

Depuis plusieurs jours, l’affaire suscite un certain émoi dans la ville. Des Roms ont pris position sur la place Masséna. Il est évident que, pour eux, l’endroit est stratégique : les Roms vivent essentiellement de mendicité, Masséna est un lieu touristique et de passage très important. De plus, il y a quelques arbres qui permettent de se reposer à l’ombre.

Il est évident que, considéré sous l’angle du tourisme, ce n’est pas la panacée d’avoir ce type d’occupants dans ce lieu particulièrement visité de la ville. Il faut d’ailleurs bien préciser que la poussée des Roms est saisonnière, très liée à la période estivale. J’ai toujours dit que la ville ne devait pas cacher ses pauvres. J’ai parfois dénoncé les méthodes d’Estrosi vis à vis de nos propres SDF.

Alors pourquoi aucune action spectaculaire ne se déroule-t-elle ? La police municipale du maire en a fait bien d’autres !

Tout simplement parce que l’enjeu est ailleurs et qu’indirectement la présence de Roms à cet endroit sert les intérêts du Maire. Les interviews accordées par Benoit Kandel et Rudy Salles, sont de ce point de vue, très édifiantes.

En résumé, les Roms sont placés sur surveillance par le premier adjoint, qui les fait interpeler dès qu’il y a mendicité agressive. Et Rudy Salles, lui, déplore les dégradations du site. Tout cela n’a qu’un seul objectif : préparer l’opinion niçoise à une décision prise depuis longtemps par le maire. Estrosi a décidé de poser des grilles tout autour de la future coulée verte et en interdire l’accès durant la nuit.

J’ai toujours trouvé ce projet de coulée verte intéressant pour la ville parce qu’au delà de l’opération de restructuration urbaine paysagère qu’elle représente et que nous avions aussi imaginée – je vous renvoie à notre projet municipal de 2008 – j’y voyais un très bel espace d’animation pour la jeunesse de notre ville.

De nuit comme de jour, cette coulée doit constituer le lien entre la rive droite et la rive gauche de la ville. Certes, il faudrait certains moyens (police municipale et nettoiement) mais j’imaginais quelques vendeurs ambulants, des espaces où des jeunes pussent se retrouver sur la pelouse et jouer de la guitare ou, simplement, discuter jusque tard dans la nuit. Cela ne gênerait pas grand-monde et, diminuant un peu la fréquentation du Vieux Nice, soulagerait, au contraire, ses habitants.

Mais ce n’est pas du tout la tournure prise par les événements ! Christian Estrosi nous prépare un espace mort la nuit, fermé. Aux antipodes de la Barcelone de la Côte d’Azur qu’il fait semblant de vouloir construire.

Ces grilles sont prévues depuis bien longtemps : nous les avions vu apparaître dans le projet de coulée verte et il faut bien dire que l’affaire des Roms lui rend un fier service.