Le paradoxe Hamon !

Hamon

La sortie de Benoît Hamon du PS est une surprise. Lui qui, depuis des années, a tout construit patiemment pour pouvoir un jour en prendre le contrôle. Il a su créer des réseaux, empiler des générations de MJS dans les motions successives qu’il a animées, avant de faire une OPA librement consentie sur les amis d’Henri Emmanuelli.

Puis il y eut Frangy, la cuvée du redressement productif et l’organisation méthodique de la fronde pour saper le gouvernement.
Toute cette stratégie devait déboucher sur une défaite du PS à la présidentielle. 2017 devait entériner la fin de la domination du courant social démocrate sur le PS.

J’ai tendance à penser depuis le début que Benoît Hamon a été candidat à la primaire non pas pour être candidat à la présidentielle mais pour faire avancer des idées pour préparer le prochain congrès et sa prise de pouvoir sur le PS où il se serait imposé comme l’alternative après la débâcle.

Hélas pour lui, Benoît avait sous estimé l’impact du travail de sape des frondeurs sur l’électorat de la primaire. Les électeurs de la primaire ont rejeté le Premier Ministre qui défendait le bilan du gouvernement et ont eu envie de sauter une étape.

Et ça, ce n’était pas prévu ! Hamon, programmé pour être 1er secrétaire du PS en novembre 2017 puis candidat à la présidentielle de 2022, s’est retrouvé propulsé candidat en 2017 malgré lui et en totale impréparation. On connaît la suite.

Au moment où le départ de Manuel Valls lui laissait le champ totalement libre, il quitte lui aussi le PS. C’est le paradoxe qui s’explique par le fait qu’il ne croit sans doute plus à la possibilité de le reconstruire.