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Les violences scolaires #PasDeVague ?Débat organisé par l’Association Nice au cœur le 27 novembre

 

Introduction au débat

19 octobre 2018 -5 novembre 2018, deux dates qui ne sont pas pour rien dans le fait que nous nous retrouvions ce soir, citoyens engagés, militants politiques, associatifs, pour débattre des violences scolaires.

19 octobre 2018, une vidéo montrant une professeure braquée avec une arme factice par un élève dans un lycée de Créteil, envahit les réseaux sociaux. La scène choque profondément et pour de nombreux enseignants, c’est un déclencheur. Des centaines d’enseignants dénoncent dans leurs témoignages l’omerta » qui frappe la violence scolaire. En quelques heures 35 000 tweets sont recensés avec le hashtag #Pas De Vague.

5 novembre 2018, TF1 diffuse un téléfilm adapté d’une histoire vraie, celle de Jonathan Destin : « Le jour où j’ai brulé mon cœur ». Jonathan Destin, c’est cet élève victime de harcèlement scolaire, de coups, d’insultes et de racket qui va, un jour de février 2011, parce que son quotidien est devenu un enfer et que ce n’est plus supportable, tenter de suicider en s’immolant par le feu. Mis en coma artificiel et brulé à 70 %, il va survivre. Nous avions envisagé de le diffuser ici mais il est trop long et cela ne nous aurait pas permis d’aller au fond de ce débat. Ce qu’il faut en retenir, c’est que Jonathan, aujourd’hui jeune adulte, s’adresse aux plus jeunes en leur disant de ne pas cacher leur souffrance, de parler, et que le danger c’est l’isolement progressif.

Ce qui nous intéresse ce soir, c’est de mieux comprendre ce phénomène, la multiplication de ces actes violents, réalisés dans les établissements scolaires et qui sont dirigés contre les élèves, contre les enseignants et parfois même par des dégradations contre les bâtiments eux-mêmes.

Les chiffres sont très préoccupants. Deux études parues coup sur coup fin 2017, notamment l’enquête « climat scolaire et victimation » du quotidien « Le Monde », l’attestent. Près de la moitié 46 % des ados interrogés, tous scolarisés dans des collèges de ZEP, déclarent avoir été témoins d’actes de cruauté entre élèves et 20 % ont déjà subi des violences physiques. 442 incidents graves sont recensés chaque jour dans les collèges et lycées de France. 22 % estiment qu’il y a trop de violence dans leur établissement scolaire.

95 % des agressions sont commises par des élèves sur des élèves et parfois sur des enseignants. Dans leur carrière, 6 % des enseignants du second degré on été physiquement agressés. En revanche 30 % disent avoir été insultés par un élève et 12 % par plusieurs ensemble. Enseigner dans une ZEP double le risque.

Voilà la situation ! Et à Nice, puisque c’est ce qui nous intéresse ce soir, que se passe t’il ? L’école de la République est-elle toujours sanctuarisée ? Où ces phénomènes de violence scolaire existent-ils, et si oui, où en est-on ? Quel type de violence ? Psychologique, physique, sexuelle, numérique par les réseaux sociaux ? Nous poserons la question à Raphaël Galmiche qui est enseignant au collège Maurice Jaubert.

Quelle sont les causes ? On évoque l’absence d’éducation, le manque de repères, de normes et de valeurs, l’intolérance, les préjugés, le racisme, le chômage des parents, l’exclusion, la banalisation de la violence à la TV. On demandera à Nassim Aouadi surveillant son sentiment sur ces causes et à quel niveau se situent son intervention ?

Quelles peuvent-être les conséquences psychologiques, physiques, comportementales, scolaires des violences scolaires sur les élèves? Peut-être que Huidaide Hmad et Sabrine Mounier pourront nous éclairer sur ce sujet ?

Quelles peuvent être également les séquelles pour les enseignants ? Bénéficient-ils d’un suivi psychologique ?

Comment lutter contre ce phénomène? Faut-il repenser la formation des enseignants qui avait été supprimée sous Nicolas Sarkozy et remise en place par le gouvernement Hollande? Quelles solutions les enseignants peuvent-ils proposer ? Marie Hélène Raybaud nous parlera de son expérience. Quelle place peut avoir la psychologie dans une intervention coordonnée car la réponse ne peut être que collective? Nous demanderons à Sabrine Mounier de nous donner son éclairage.

Enfin, se pose bien entendu l’intervention d’éléments extérieurs et notamment celle de la commune. Comment peut-elle jouer un rôle face à la montée de ce phénomène qui est un danger pour sa jeunesse? On parle de policier municipaux dans les écoles primaires, peut-être de policiers nationaux dans les lycées. Est-ce le moyen adapté pour protéger les élèves et les enseignants ? Avez-vous d’autres propositions ? Voyez-vous d’autres solutions ? Cette bataille est-elle perdue ? Quels nouveaux types de moyens faudrait-il pour que l’école, le collège et le lycée redeviennent les sanctuaires que l’on a laissés pendant trop longtemps se dégrader en minimisant le phénomène afin de ne pas stigmatiser les établissements scolaires ?