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Lignes 2 et 3 : Il manque 20 millions pour que ça tourne !

 

C’est le thème de la conférence de presse que j’ai tenu ce matin. Grâce aux pointages effectués par les équipes de Nice au Cœur qui étaient simultanément présentes au terminal 2 de l’aéroport, au terminus du CADAM, à la sortie du souterrain à Magnan et à la station souterraine de Jean Médecin, nous sommes en mesure de tirer certaines conclusions de la mise en service du premier tronçon souterrain de la ligne 2.

La situation réelle est moins idyllique que la version officielle exposée par le président de la Métropole lors de l’inauguration de la station Jean Médecin. En effet Christian Estrosi avait annoncé un temps de trajet particulièrement attractif de 26 minutes entre le port et l’aéroport terminal 2, avec une fréquence de 4 minutes une fois la L2 achevée.

Les vérifications opérées par les militants de Nice au Cœur ne valident pas ces hypothèses.

Sur le temps de trajet :

Sur les 11 rames, nécessaires qui sont parties de Jean Médecin entre 9h01 et 10h03 pour aller soit au CADAM, soit au T2 à l’aéroport, le temps de parcours a varié entre 24 et 29 minutes. La moyenne s’établit donc à 27 minutes.

Si l’on met 27 mns pour aller du T2 de l’aéroport à la station Jean Médecin, il est évident qu’on ne peut en mettre 26 entre le Port et l’aéroport. La durée totale du trajet port-aéroport T2 sera de 32 minutes, soit 6 de plus que ne l’indique la propagande estrosienne.

Sur la fréquence et le nombre de rames :

Actuellement, la fréquence est de 6 minutes. Elle devra être portée à 4 minutes dès le 2 septembre, date de l’interdiction de circulation des bus urbains et interurbains sur la Prom’.

La révolution (temps nécessaire à une même rame pour effectuer un second départ) pour relier les terminus de l’ouest à Jean Médecin est de 66 minutes.

Si l’on rajoute les 5 minutes aller et les 5 minutes retour entre l’arrêt Jean Médecin et le terminus du Port LYMPIA (partie souterraine restant à couvrir), le temps de la révolution passe à 76 minutes minimum.

Il y a actuellement 26 rames de commandées ou livrées : 19 sont prévues pour la L2 (16 en exploitation et 3 gardées en réserve pour la maintenance, les éventuelles réparations et la formation des conducteurs) et 7 pour la L3.

Il en faudrait 32, sinon RLA sera contrainte de plumer provisoirement la L3 pour atteindre le meilleur niveau d’exploitation possible sur la L2. A ce moment là, il ne reste plus que 4 rames sur la L3 (pour l’exploitation ET la réserve).

Ce qui dicte l’ensemble, c’est l’objectif de fréquence à 4 minutes car si cette fréquence n’est pas respectée, la L2 ne pourra pas absorber la totalité des usagers des lignes de bus qui sont amenées à disparaitre en septembre 2019, à la rentrée.

Or, pour que les L2 et L3 fonctionnent de manière optimale, il faut à minima 32 rames et non 26.

La RLA n’a donc pas commandé suffisamment de rames pour parvenir à cet optimum. Il en manque 6 ce qui correspond à peu près à une dépense de 20 millions d’euros.

L ‘ennui, c’est qu’on achète par une rame d’un tramway comme on achète sa voiture chez un concessionnaire, il faut la commander, la construire, la livrer, faire les essais etc. Cela peut prendre un an au minimum.

En attendant ces 6 rames manquantes, il faudra soit cannibaliser intégralement la L3, soit renoncer provisoirement à l’interdiction des bus sur la Prom’ pour garantir le transport par tram des usagers empruntant aujourd’hui le bus.