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Journée de rencontres avec les ministres tunisiens

 

Le matin, les tâches étaient réparties. Michel Vauzelle avait un rendez-vous institutionnel très important chez le premier ministre. Quand à moi, je devais rencontrer l’association SINBAD avec laquelle nous avons une action de coopération décentralisée, un centre de télétravail avec 14 postes pour handicapés- moteur. Ce centre, financé par la région, était abrité dans des locaux du gouvernorat de Tunis. Comme beaucoup de bâtiments appartenant à l’État, il a été incendié et dévasté pendant la révolution. J’ai visité les lieux et acté le fait que l’état des locaux rendait impossible tout redémarrage de l’activité. J’ai visité également le lieu que le gouvernorat comptait mettre à notre disposition, une ancienne église de quartier, assez centrale.

 Ensuite, direction le gouvernorat où j’avais deux rendez-vous. Le premier avec l’équivalent d’une sous-préfète, pour avaliser le choix du lieu de reconstruction. Mais cette rencontre a largement dépassé ce simple cadre parce que nous avons évoqué la révolution et l’ambiance actuelle à Tunis. Puis, j’ai eu un entretien de 45mns avec le nouveau gouverneur, nommé le 4 février 2011, Adel Bem Hassen. Un moment très riche aussi qui m’a permis de mieux comprendre le processus révolutionnaire. Car la période est très intéressante. Pour tout dire, le gouvernorat est encore protégé par l’armée et par des barbelés ! Moi qui ai connu ce lieu si calme, je n’en revenais pas. Le gouvernorat est devenu une ruche, les escaliers grouillent de citoyens venant interpeler le staff du gouverneur pour des demandes, des promesses non tenues! Dehors, des dizaines de jeunes discutent entre escaliers et barbelés, surveillés par des militaires. C’est aussi cela la révolution tunisienne. Un gouverneur séquestré pendant 48 heures par 11 femmes dans son bureau. Les attentes sont immenses et le chemin vers la liberté et la démocratie n’est pas facile.

A midi, j’ai retrouvé Michel Vauzelle pour un déjeuner au Dar el Jed, avec l’ambassadeur de France et Abderrazak Zaouri, ministre du développement régional, ainsi que Said Haidi, ministre de la formation professionnelle et de l’emploi. Au menu, une réflexion géostratégique sur la place de la France et de la Tunisie dans la construction du monde de demain. L’après-midi notre président a signé un protocole d’intention sur le développement de la coopération décentralisée avec les deux ministres précités, avant de tenir une conférence de presse. Nous avions ensuite une rencontre avec des associations de jeunes demandeurs d’emploi, durant laquelle, répondant à tour de röle, Michel et moi avons pu constater le formidable degré de maturité politique d’une jeunesse, actrice majeure de la révolution.

Cette journée-marathon s’est poursuivie par un rendez vous à Carthage avec le ministre de la culture. Il nous a reçu dans une demeure d’État chargée d’histoire, puisqu’il s’agissait du dernier palais du Bey. J’ai ainsi pu visité la salle où Pierre Mendes France prononça en 1954, son discours sur l’autonomie intérieure de la Tunisie. Le ministre de la culture nous a ensuite fait découvrir à Sidi Bou Said, le Palais du Baron d’Erlanger, un endroit extraordinaire, devenu propriété de l’Etat et maintenant haut lieu des musiques arabes et méditerranéennes. Le dîner qui suivit fut consacré aux coopérations culturelles entre la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et les régions de Tunis et de Kasserine.