Orientations Budgétaires 2015 de la Ville de Nice – augmentation de la taxe d’habitation et autres injustices de Christian Estrosi

 

Délibération 1.1 – Débat d’orientations budgétaires – Exercice 2015

Monsieur Le Maire, Mes chers collègues,

Un tiers du rapport sur le DOB est consacré au contexte politique national. On peut toujours interpréter les chiffres mais il est utile au débat d’en préciser certains. Vous évoquez la stratégie du gouvernement pour limiter la croissance moyenne des dépenses publiques à 0.2% en volume. Et vous dites, à juste titre, que le ratio d’endettement au sens de Maastricht est très élevé : 97.2. Il a progressé en deux ans de 2 points.

Ce que vous omettez de préciser, par contre, c’est que ce ratio d’endettement, en 2007, à l’arrivée de Nicolas Sarkozy, ce même ratio était de 56 points et que sous sa présidence, il est passé de 56 à 90 % en 2012 (+ 34%) en 5 ans. Depuis 2012, les gouvernements de François Hollande ont mis fin à cette croissance exponentielle de l’endettement mais je reconnais que ce n’est pas encore assez !

Cette politique menée demande des sacrifices à tous les français, à tous les services de l’Etat, et également aux collectivités locales et territoriales. Je souhaite simplement pour l’intérêt de tous qu’elle produise des résultats. Le 18 novembre 2014, Le Figaro, qui n’est pas une presse d’opinion de gauche, rappelait que la compétitivité de la France s’était améliorée par rapport à 2012 et à 2010. En 1 an, nous sommes passés du 13ème au 10ème rang. Une étude de l’AFII souligne aussi que les réformes encore et plus particulièrement le pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi redonne de la compétitivité et que notamment dans le secteur du numérique, la France redeviendrait plus compétitive que les États-Unis.

Alors oui, c’est difficile. Et cet effort se traduit par une baisse des dotations de l’Etat aux collectivités. Mais je le répète, ces mesures difficiles sont nécessitées par l’obligation de réduire l’endettement dont la croissance a été historique sous Nicolas Sarkozy. Ceci étant dit, il est par contre faux de dire que l’Investissement des collectivités locales n’est pas soutenu par le gouvernement.

Mais, venons-en plutôt à nos affaires, vos orientations budgétaires

L’AUGMENTATION DE LA FISCALITE LOCALE

Vous critiquez aussi les mécanismes de péréquation entre communes alors que la solidarité entre les territoires est devenue une nécessité républicaine pour lutter contre les inégalités territoriales. Vous critiquez ce mécanisme de péréquation au motif que l’État prélèverait des richesses produites par les niçoises et les niçois.

Mais l’essentiel des richesses communales vient de la taxe d’habitation qui, à hauteur de 327 € par habitant, est une des plus élevée de France compte-tenu des valeurs locatives cadastrales qui sont très élevées à Nice, compte tenu du nombre de résidences secondaires.

La question n’est pas de s’indigner entre un mécanisme de solidarité entre les communes, mais plutôt de s’interroger sur la solidarité entre les niçois. C’est-à-dire que la solidarité que vous contestez au niveau des collectivités, vous ne l’appliquez pas non plus entre les niçois.

A cet égard, au moins, vous avez une cohérence. Vous refusez depuis des années de mettre en place l’abattement pour revenus modestes.

De la même manière, c’est ce qui vous conduit aussi à ne pas vouloir appliquer la surtaxe de 20 % sur les résidences secondaires proposée par le Gouvernement. Pourtant, cette surtaxe n’aurait que des effets positifs :

  • D’abord elle augmenterait significativement les richesses de la ville puisque 13 % des habitations, près de 30 000, sont des résidences secondaires
  • Ensuite, elle aurait permis vraiment de baisser la taxe d’habitation (de ceux qui vivent là à l’année en résidence principale et qui paient dans leurs impôts plus d’assainissement, plus d’enrobage, plus d’infrastructures pour des résidents épisodiques).
  • Enfin, elle aurait eu un effet collatéral, celui de ralentir un peu la spéculation immobilière qui frappe les ménages et ralentit notre développement économique.

Mais en guise de baisse, les niçois vont subir une hausse importante de la fiscalité locale avec une baisse de l’abattement général de la taxe d’habitation pour la résidence principale de 5 % votée lors du dernier conseil municipal. En contrepartie, vous annoncez une baisse du taux de la taxe d’habitation de 21,33 % à 21,31 %, soit une baisse de 0,02 %. Vous vous moquez de qui ?

Les niçois ne vont pas avoir une baisse de 0,02 % (au millième), ils vont avoir une hausse des bases de 0,9 % et une hausse de 5 % due à la baisse de l’abattement général, c’est-à-dire qu’ils vont subir une hausse d’impôts locaux de 5,90 %.

Voilà la vérité. La preuve, c’est que vous estimez que le produit fiscal sera de 281,5 millions d’euros contre 268 millions d’euros en 2014 ! Cela représente une ponction supplémentaire de 13,5 millions d’euros. Mais il y a aussi les taxes. Ah c’est pratique les taxes et c’est moins visible que la taxe d’habitation. Le produit de la taxe sur l’électricité double quasiment en 2015. Il était de 4 millions en 2014, il sera de 7,65 millions d’euros en 2015 Il y a également les produits issus de la tarification des services qui passent de 30,5 millions d’euros en 2014 à 36 millions d’euros en 2015, soit une hausse de 20 % de recettes prévues en plus.

Une hausse d’impôt, une hausse des taxes, pourquoi faire ? Venons-en au budget de fonctionnement.

UN BUDGET DE FONCTIONNEMENT ANORMALEMENT ELEVE  ET  SOCIALEMENT INJUSTE

 Le budget de fonctionnement de la ville de Nice est l’un des plus élevés de France. Et cela ne va pas s’améliorer. Il y a une forte augmentation des dépenses prévisionnelles en 2015 : + 5,83 % de 2014 à 2015. La nécessité d’augmenter les impôts locaux ne vient donc pas de la baisse des dotations, mais du taux anormalement élevé de la progression des dépenses de fonctionnement. Je répète : + 5,83 % de 2014 à 2015. Sur 5 ans, 2010-2015, les dépenses de fonctionnement auront augmenté de 16,70 % soit 3,36 % de moyenne. Ces chiffres sont anormalement élevés comme le montre la comparaison avec d’autres villes.

A Nice, les dépenses de fonctionnement augmentent 2 fois plus vite que dans les villes comparables.

Il suffit pour cela de regarder les chiffres de Bercy, basés non pas sur des prévisions, mais sur la réalité des comptes de gestion des collectivités locales :

  • Nice 2010 : dépenses de fonctionnement = 1 437 €/habitant
  • Nice 2013 : dépenses de fonctionnement = 1 607 €/habitant
  • soit une hausse sur 3 ans de 5,83 %.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Ville de Nice ne contribue pas à la maîtrise des dépenses publiques. On peut d’autant plus s’étonner de ce volume de dépenses de fonctionnement, compte tenu des transferts de compétences qui ont été opérés très tôt, avant les autres villes, vers la Métropole. Normalement, nous aurions dû avoir une baisse des dépenses de fonctionnement.

Enfin que dire des choix ! Parce que c’est l’essentiel, les choix, c’est la politique.

Depuis 2008, le budget de la fonction 5 : « Initiatives Sociales et Santé » a baissé de 21 %, passant de 29 à 23 millions d’euros.

Une baisse de 21 % sur la solidarité alors que les besoins ne cessent de croitre comme l’atteste :

  • l’activité de la banque alimentaire ou des restaurants du cœur dont c’est le début de campagne aujourd’hui…
  • la précarité croissante des séniors qui a fait l’objet d’une double page dans notre quotidien régional. Aujourd’hui les séniors ont besoin d’autres chose que des concours de danse que des logements notamment.

Dans le même temps, le budget de la fonction 2 : « Salubrités et Sécurité » a augmenté de 20 % en passant de 42 millions d’euros à 50 millions d’euros.

En 2008, à la sortie de 2 mandats d’un maire ex-FN, on dépensait 13 millions de plus pour la sécurité que pour la solidarité. Aujourd’hui, on dépense 27 millions d’euros de plus.

Enfin, autre poste révélateur de vos choix : l’éducation 80 millions d’euros. C’est un chiffre qui a l’air important mais, pour une ville comme Nice, cela représente seulement 50 millions d’euros pour les écoles maternelles et primaires, soit à peine 1 748 € de budget de fonctionnement pour chacun des 29 000 enfants scolarisés à Nice.

  • 1 748 € par enfant à Nice
  • 2 000 € par enfant à Bordeaux et Nantes
  • 2 300 € par enfant à Lille
  • 2 600 € par enfant à Toulouse.

Voilà ce qu’il faut dire aux niçois. Ils paient plus d’impôts locaux qu’ailleurs pour un budget de fonctionnement plus important mais des dépenses d’éducation plus faibles que dans les autres villes.

On comprend mieux votre opposition à la réforme des rythmes scolaires. L’éducation, ce n’est pas votre priorité. L’éducation, c’est le parent pauvre de votre politique. J’y reviendrai en parlant de l’investissement. Ce que je vais d’ailleurs faire de suite.

L’INVESTISSEMENT

En page 17 du dernier rapport pour le D.O.B. 2014, vous nous disiez engager une politique de désendettement tout en préservant votre niveau d’investissement, ce qui était aberrant mais c’était un D.O.B. préélectoral. Or, l’investissement baisse de manière significative, j’allais presque dire s’effondre. Je ne le condamne pas, c’est logique. Cela fait des années que je vous prévenais, nous y sommes. Alors pour masquer cette baisse substantielle, vous avez inventé un nouveau concept : le D.O.B. pluri annuel. J’en profite pour adresser mes sincères félicitations républicaines à Philippe Pradal.

Vous annoncez 300 millions d’euros d’investissement mais sur six ans, c’est-à-dire en fait, 50 millions d’euros par an, alors que sous la précédente mandature le niveau d’investissement s’élevait en moyenne entre 80 et 100 millions d’euros par an.

Alors une fois ramené à l’année, voilà ce que ça donne, par exemple pour les écoles maternelles et primaires de notre ville.

1 million d’euros par an pour l’entretien des écoles, 2.5 millions d’euros pour la construction de nouvelles écoles.Une misère.

J’ai retrouvé une de vos déclarations en début de votre mandat en 2008. Vous estimiez le retard d’investissement dans les écoles, vous, à 150 millions d’euros. Au total 3.5 millions d’euros par an.

Allez, comme je suis généreux, et pour éviter que Philippe Pradal ne le fasse dans sa réponse, je vais ajouter l’investissement de 25 millions d’euros de la cuisine centrale, soit 4.1 millions d’euros par an. Cela fait 7.6 millions d’euros par an en moyenne.

Cela fait 262 euros par enfants scolarisés. C’est très faible. A titre de comparaison, le budget d’investissement en éducation est :

  •  2 fois supérieur à Bordeaux, 523 € par an et par enfant scolarisé
  •  presque 4 fois supérieur à Toulouse, 934 € par an et par enfant scolarisé.

Avec un budget de fonctionnement et d’un investissement aussi faible dans l’éducation, on comprend mieux votre capacité à mettre en place la réforme des rythmes scolaires.

On comprend mieux pourquoi plus de 60 écoles ont subi des inondations et des dégâts lors des dernières pluies. Les pluies ont été fortes, cela ne fait aucun doute. Mais ce n’est pas uniquement leur intensité qui a causé les dégâts. Cela a révélé aussi le mauvais entretien et la vétusté des écoles. Plusieurs directeurs et directrices m’ont signalé des malfaçons aux ouvertures, des fuites par les toits et un matériel dégradé.

L’éducation des enfants est sacrifiée dans votre politique alors que l’on s’apprête à réaliser ici en mairie principale des investissements pour transférer l’état-civil au bâtiment CORVESY, restaurer les bureaux et au passage expulser l’opposition du bâtiment principal de la mairie. Comme symbole, il y a mieux, même si nous ne sommes pas lésés en surface.

L’ENDETTEMENT

Vous êtes en difficulté, parce que la situation financière n’est pas brillante, c’est le moins qu’on puisse dire.

Vous continuez à distinguer endettement auprès des organismes financiers (382 millions d’euros) et encours du financement auprès de l’Allianz-Riviera (123 millions d’euros), alors que le service des collectivités locales de comptabilité publique basé sur le compte de gestion relève un seul montant d’emprunt : 523 millions d’euros.

523 millions d’euros d’endettement, cela fait 1 518 € par habitant alors que la moyenne de l’endettement par habitant dans les villes comparables est de 1 100 €, 35 % de plus d’endettement !

Sur les cinq ans, les prévisions d’autofinancement s’effondrent. L’autofinancement était habituellement autour de 20 millions d’euros dans les DOB précédents. Cette année il est proche du néant. Et ce n’est pas un accident exceptionnel. Les chiffres des cinq dernières années montrent une baisse constante et inéluctable de l’autofinancement.

Le graphique montre une tendance qui pourrait, à terme, mettre la section de fonctionnement en déséquilibre.

Je souhaite très clairement, Monsieur Le Maire, que vous inversiez votre logiciel et je fais une proposition très concrète, très simple, très lisible pour les niçois. Renoncez à la baisse de 5 % de l’abattement général de la taxe d’habitation et appliquez la surtaxe de 20 % sur les résidences secondaires. Épargnez les niçois !

Voilà, Monsieur Le Maire, les réflexions que nous inspirent vos orientations budgétaires.

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Sentier d’Abraham ou quand l’union fait la réussite 

 

 

J’ai déjeuné avec ma collègue de Rhône Alpes Véronique Moreira afin d’évoquer un dossier de coopération qui me paraît exemplaire.

Il s’agit d’un dossier qui a déclenché une coopération Rhône Alpes et PACA, elargi à d’autres, le Conseil général de l’Isère, l’Agence Française de Développement et plusieurs municipalités.

La région Provence Alpes Côte d’Azur a une convention avec le gouvernorat d’Hebron, la région Rhône Alpes, avec le gouvernorat de Jericho.

Ce projet c’est celui du sentier d’Abraham. Il s’agit de structurer un sentier touristique entre Jericho et Hebron. Il s’agit de favoriser le développement local de territoires ruraux palestiniens fragilisés grâce à un projet qui permettra de générer des revenus complémentaires pour les communautés.

Une sorte de GR dont le trajet permet de découvrir du patrimoine paysager, culturel et cultuel et crée de l’activité économique.

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Mission Ramallah

 

Dans le cadre de 2014, année internationale de solidarité avec le peuple palestinien, je suis à la Conférence Internationale : « les collectivités locales au cœur de l’Etat palestinien ».

Ce sont plus 60 partenaires internationaux de coopération qui sont réunis à Ramallah pendant 2 jours. Le chantier est le suivant : quel rôle les collectivités locales peuvent jouer dans le processus de mobilisation mondiale en vue de la mise en oeuvre d’une solution juste et définitive à la question palestinienne en accord avec le droit international ?

Nous étions plus de 400 ce soir pour la session inaugurale au cours de laquelle le gouverneur de Jérusalem Est est venu nous expliquer la tension extrême qui règne la-bas. La France est représentée par deux régions, la notre et l’Île de France, mais aussi 19 communes dont Ajaccio par exemple.

Demain je participerai à une plénière. Le rôle des collectivités locales dans la construction d’un état palestinien et à un atelier, les autorités locales, piliers de l’Etat Palestinien.

Puis une autre plénière l’après-midi, l’offre de services publics et les enseignements de l’expérience internationale.

Mais en dehors de ces activités programmées, c’est aussi l’occasion de confronter avec d’autres nos expériences de coopération.

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Déclaration aux militants du PS 06

 

Mes chers camarades,

Convoquer une AG extraordinaire des militants en 4 jours pose bien sur question. Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas malade.

N’y voyez pourtant aucune précipitation, aucune hâte. Cela fait longtemps que la décision que je vais vous annoncer est prise. Au dernier Congrès, lorsque vous m’avez élu pour la 5eme fois, 1er secrétaire fédéral, à la quasi unanimité, je vous avais indiqué que ce serait mon dernier mandat. Dans mon esprit faire un dernier mandat n’est pas faire un mandat complet mais préparer sa suite.

Parce que je souhaite laisser de mon engagement politique à tous les niveaux, une trace exemplaire. Parce que j’ai un souci, assurer la continuité de la responsabilité politique de cette fédération.

J’ai toujours considéré en politique qu’il était du devoir d’un responsable de ne pas quitter une responsabilité sans avoir préparé sa succession, car l’absence de préparation, malheureusement souvent le cas, provoque parfois de la pagaille, du conflit, l’affirmation d’aventures individuelles et accessoirement des défaites.

Les dernières élections municipales nous en ont montré un bel exemple à Carros. Personne ne peut contester à notre ami Antoine Damiani, le fait qu’il ait été de 1995 à 2014, un grand maire, et même un maire exceptionnel. En 19 ans, il a métamorphosé Carros, faisant d’une cité dortoir qui cumulait les problèmes sociaux, une ville agréable, bénéficiant d’équipements publics de toute sorte. Une ville où l’on vient désormais habiter alors qu’avant on en partait.

Mais pour n’avoir pas voulu, pu, su, peu importe, céder le fauteuil de maire en cours de mandat, nous avons finalement perdu cette mairie qui était notre fierté. Eh bien je ne voulais pas ce cas de figure pour notre fédération.

Une fédération, c’est encore plus important qu’une mairie parce que c’est là que bat le cœur de notre parti. Alors après un aussi long bail, 14 ans et un jour, vous ne pensiez tout de même pas que j’allais me désintéresser de ce qui va se passer après moi à cette responsabilité. Parce que j’aime mon parti, j’aime ses élus, ses cadres et ses militants.

La date du prochain congrès ayant été fixée du 5 au 7 juin 2015, j’ai donc décidé que le moment de démissionner était venu. Cette démission prend effet immédiatement. Le choix de démissionner maintenant est justifié par la nécessité que, vous les militants, élisiez votre prochain 1er secrétaire fédéral au plus vite pour lui donner une légitimité tout de suite. A lui ou elle ensuite, en fonction de votre choix, de l’asseoir dans les 7 mois qui nous séparent du Congrès.

Mes chers camarades, 14 ans et 1 jour, c’est long, ça a du paraitre plus long à certains qu’à d’autres, j’en suis bien conscient. Mais c’était votre choix, celui des militants et j’en suis fier. Lorsque j’ai été élu le 2 décembre 2000, notre parti venait de sortir d’une longe période de disette politique. Je venais d’être élu 1er Vice-Président de la région et nous étions 5 à siéger au Conseil Général, Paul Cuturello, Patrick Mottard, Thierry Lautard et moi-même. Nous avons pu ensuite faire élire Marc Concas dans le 1er canton de Nice, puis, appuyé sur les mairies, Antoine Damiani et Marie-Louise Gourdon.

J’ai une pensée émue ce soir pour Jean François Knecht.

Cette dynamique nous l’avons renouvelée en 2004 avec nos réélections au Conseil général, puis aux élections régionales. Et puis nous avons encore gagné les régionales en 2010.

Enfin nous avons fait en sorte qu’en 2009 et en 2014, un d’entre nous devienne parlementaire, Marc Daunis, qui siège au sénat, ce qui n’était pas arrivé à un socialiste depuis la Libération.

Lorsque je suis arrivé, nous étions la 90eme fédération socialiste au niveau des effectifs avec un peu plus de 700 adhérents. nous avons pu, sans avoir conquis de grandes mairies, faire monter les effectifs aux alentours de la 30eme place avec près de 3000 adhérents en 2006, l’année Ségolène.. Depuis, les effectifs sont redescendus aux alentours de 1200 adhérents. j’ai très mal vécu cette période de reflux, auxquels ici ou là, certains cadres de notre parti ont contribué.

J’ai réhabilité notre fédération aux yeux de la Direction nationale de notre parti et nous avons pu accueillir pour des meetings de campagne présidentielle nos deux derniers candidats, Ségolène Royal en 2007 et François Hollande en 2012, mettant ainsi fin à 33 ans de disgrace, nous n’avions plus accueilli de candidat socialiste depuis 1974.

Enfin j’ai assuré la pérennité du parti au niveau de sa structure en prenant la décision de quitter nos locaux de la rue Antoine Gautier que certains ont connu, où nous étions locataires, pour acquérir notre local fédéral qui sera intégralement remboursé l’année prochaine en 2015. Les plus anciens se souviennent du soir de l’inauguration, où nous étions arrivés avec François Hollande, directement de l’aéroport, en mototaxi, déjà sous un casque.

Le soir du 6 mai 2012 reste à ce jour la plus belle de mes émotions militantes. Etre le mandataire d’un candidat socialiste victorieux, devenu président de la république et qui en plus est un ami, c’est un moment rare.

Tout cela n’aurait pas été possible sans une équipe, l’équipe du Bureau fédéral que je remercie. tout le monde comprendra que je remercie ce soir particulièrement quelqu’un qui n’est pas là mais qui a été une collaboratrice exceptionnelle, Sylvie Gautier, et puis notre permanente Sophie Jourdan.

Je souhaite à mon successeur de faire mieux, mais qu’il commence déjà par faire aussi bien.

Il est inutile de s’attarder plus longtemps sur ce qui a été fait, tout est résumé ainsi. Ce qui compte c’est ce qu’il y a à faire.

J’ouvrirai le dépôt des candidatures le mercredi 19 novembre. Elles seront closes le lundi 24 novembre à 19 heures. le vote pour l’élection du 1er secrétaire fédéral se déroulera en même temps que celui pour la désignation des nos candidats pour les élections cantonales le 3 décembre prochain.

Mes chers camarades, il ne faut pas avoir de nostalgie. Je quitte cette responsabilité dans une fédération apaisée. Traditionnellement ici, chaque changement de 1er secrétaire fédéral correspondait à une crispe politique interne. Il n’y a rien de cela cette fois, c’est une chance. je quitte cette responsabilité, non pas pour me retirer de la vie politique, c’est la première mauvaise nouvelle de la soirée, mais au contraire, pour en être à gauche, l’acteur majeur au travers des défis que je me suis fixé et qui vont nécessiter mon investissement à plein temps.

J’ai besoin d’être totalement disponible, la situation politique exceptionnelle l’exige, parce que c’est dur, très dur.

Etre le 1er Vice Président d’une région, aux cotés de Michel Vauzelle, une région sous la menace du Front National nécessite beaucoup de disponibilités et que dire de la mission que m’ont confié les niçois, de diriger à Nice, l’opposition à Christian Estrosi.

C’est à ces deux défis que j’entend pleinement me consacrer dans les années qui viennent. conserver la région à gauche est la priorité immédiate. Ce ne sera pas facile.

Personne ne pouvait imaginer le 6 mai 2012, les difficultés que nous allions rencontrer. Je ne vais pas céder ici à la facilité de faire le procès du gouvernement dont je soutiens par ailleurs clairement l’action, mais force est de constater que les pertes électorales ont été lourdes tant aux dernières élections municipales, que sénatoriales ou européennes et que les résultats espérés tardent à venir.

Le parti est affaibli, soyez assuré que je ne le déserte pas. Je ne démissionne d’ailleurs pas du Bureau fédéral où je continuerai à siéger aux cotés de mon successeur.

Beaucoup est à reconstruire dans un moment où collectivement, la gauche a la tentation de l’auto destruction. certes plumer la volaille socialiste peut paraitre tentant à certains, mais cela ne renforcerait que le Front National et ne conduirait certainement pas à faire émerger une autre gauche, oui une gauche de témoignage qui nous renverrait pour longtemps dans l’obscurité et l’impuissance.

C’est le message indispensable qui doit être compris par nos partenaires et la clef d’un parcours honorable aux prochaines élections cantonales avec une union la plus large possible. il faudra aussi clairement affirmer que les socialistes sont tous socialistes et ne pas laisser le Front de Gauche opérer un tri sélectif parmi les nôtres.

La période politique est complexe, elle nécessite beaucoup d’investissement dans le parti, la restructuration de nombreuses sections touchées après les élections municipales. il faut faire de la pédagogie militante, expliquer les choix gouvernementaux. Je n’ai plus ce temps là. Je n’ai pas par rapport au cumul de position idéologique. Le cumul se justifie lorsqu’il donne plus d’efficacité par rapport à l’action politique au service de notre idéal. pas lorsque le temps manque.

Dans cette période, ma fonction de 1er secrétaire fédéral m’a conduit plusieurs fois à défendre la politique gouvernementale dans des hémicycles où je n’ai pas été élu pour cela.

Cette démission est aussi une clarification. Mes deux mandats électifs sont ma priorité.

Je veux que vous soyez fiers du travail accompli avec Michel Vauzelle, de notre bilan qu’il faudra défendre l’an prochain.

Je veux que vous soyez fiers du travail que nous faisons dans l’opposition à Christian Estrosi au conseil municipal et métropolitain. je représente avec mes colistiers, une gauche de combat, une gauche debout dans la tourmente.

Mais il faut désormais que je rassemble sur nos valeurs, au delà de notre parti, rassembler au delà de nous-mêmes, c’est une urgente obligation.

Mes chers camarades, vous l’avez bien compris, cette démission n’est pas un départ, mais au contraire la garantie d’un engagement plus efficace.

Le 17 novembre, ce n’est pas un jour triste, c’est un jour de fête. Ce n’est pas une page qui se tourne, c’est la garantie qu’autour de celui qui me succèdera, ensemble, tous ensemble, nous écrivions les suivantes.

 

 

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Nouvel épisode de la Gare du Sud : Patrick Allemand demande au maire de Nice d’avoir une vision globale pour Nice Nord

 

Suite au dernier rebondissement sur la Gare du Sud, je demande au maire de Nice d’intégrer le projet de la Gare du Sud dans une vraie vision globale de Nice Nord, englobant les sites de la Libération et du Ray.

A la suite du désistement de Jean Claude Mari, le promoteur ICADE reprend le projet initial pour reconstruire la Halle et réaliser les parkings, les logements et le complexe cinématographique.

Il y a 15 jours, je m’étais inquiété de l’abandon de ce projet et plus particulièrement de la non réalisation  des cinémas et des logements. Je ne peux que me réjouir du retour du projet initial qui permettra précisément la réalisation d’un complexe de cinémas et de logements, dont des logements sociaux étudiants dans le quartier de la Gare du Sud.

J’avais également souligné la nécessité d’avoir un projet d’urbanisme cohérent sur Nice Nord associant  la Gare du Sud et l’avenir du Site du Ray.
Aujourd’hui encore, je plaide plus que jamais pour la réalisation d’un grand espace vert à l’emplacement du Ray.

Le récent positionnement du Maire de Nice sur la Gare du Sud a montré qu’il disposait de ressources financières pour ce projet. Il n’en a plus besoin. Les 28 millions d’euros promis doivent rester à Nice Nord  et servir exclusivement à la reconversion du Ray en poumon vert.

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