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Travailleurs détachés : l’accord est un succès politique pour Macron !

Macron travailleurs detaches

On disait cet accord impossible à trouver et Emmanuel Macron avait fait de ce dossier l’une de ses priorités. Il etait attendu au tournant par ceux qui l’accusaient de faire avec le dumping social induit par le dispositif initial qui datait de 1996.

Les ministres du Travail de l’Union européenne sont pourtant parvenus, à un accord sur la réforme de la directive sur les travailleurs détachés, à l’issue d’une réunion marathon. Celle-ci a opposé Paris aux pays d’Europe centrale et orientale, Pologne en tête, principaux pourvoyeurs de travailleurs détachés.

Bien sur comme dans toute negociation la France a du lacher du lest mais après plus de 11 heures de discussions, les ministres du Travail de l’Union se sont accordés sur la durée du détachement, ce système qui permet à des Européens de travailler dans un pays étranger en cotisant dans leur pays d’origine. Elle est désormais fixée à 12 mois maximum, ce qu’avait réclamé la France, mais avec la possibilité d’être rallongée de 6 mois à la demande de l’entreprise.

La France a dû aussi lâcher du lest sur le secteur du transport routier, face aux inquiétudes de nombreux pays européens. Ce nouvel accord prévoit de continuer à appliquer l’ancienne directive du travail détaché de 1996 pour les chauffeurs, jusqu’à ce qu’entre en application une autre réforme spécifique au secteur.

La directive réformée impose désormais que les salariés détachés dans d’autres pays de l’UE soient payés au même niveau que leurs collègues, et non au salaire minimum. Ils devront bénéficier des.differentes primes touchées par leur collègues notamment concernant la pénibilité.

S’il y a un secteur qui va faire crise mine ce matin, c’est celui du bâtiment qui a usé et abusé de ce système.

Il ne faut pas non plus se faire d’illusions. On a souvent médiatisé cette directive, systématiquement attaquée par l’extrême droite, les Insoumis et même certains démagogues du PS. Tout le monde se souvient du plombier polonais d’Arnaud Montebourg ! Mais le poids de cette directive dans la lutte contre le chômage n’est en réalité que très relatif.

Ce qui est important par contre c’est le succès politique de Macron dans.cette affaire, parti très isolé en croisade sur ce dossier sous l’oeil goguenard des euro-septiques.

Au final 21 pays sur 28 ont voté l’accord. Seules la Pologne, la Hongrie, la Lettonie et la Lituanie se sont opposées au texte. Le Royaume-Uni, l’Irlande et la Croatie se sont, quant à eux, abstenu.

C’est le retour de la France sur l’avant scène de l’UE qui s’est joué hier à Bruxelles.