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Sans-abri et grand froid : Je persiste et signe !

Sans-abri

Entendons nous bien sur ce que j’évoque dans ce post.

Il ne s’agit pas de critiquer le travail fait au quotidien par le CCAS de la ville de Nice qui gère des centres d’hébergement.

Il ne s’agit pas non plus de méconnaitre tout ce qui s’organise autour des restos du cœur et de la banque alimentaire où plusieurs dizaines d’associations niçoises se servent chaque semaine pour fournir des repas aux SDF de notre ville.

Il ne s’agit pas non plus de négliger le travail habituel des associations qui effectuent des maraudes dans différents quartiers de la ville.

Il ne s’agit pas non plus de s’en prendre au personnel d’accueil affecté à ces centres, qu’il s’agisse de personnels communaux ou de réservistes. Bien au contraire, ils ont fait un travail admirable d’accueil, avec les moyens dont ils disposaient mais il y avait chez eux beaucoup d’humanité.

Il s’agit d’évoquer une situation extrême de grand froid nécessitant sur une courte période de quatre jours la mobilisation de moyens exceptionnels.

Et là, le compte n’y est pas.

Ces situations extrêmes de grand froid révèlent la fragilité des humains.

Et ce qui s’est passé doit être utile pour l’avenir. L’équipe qui accueille en hébergement d’urgence doit renforcer sa pluridisciplinarité doit comporter une infirmière avec une pharmacie d’urgence capable de soigner des « bobos », d’apporter une réponse médicale sur site ou d’orienter certains SDF vers l’hôpital.

Ce sont ces mêmes situations qui révèlent les carences des politiques publiques contre l’exclusion.

  • Ne rien avoir prévu à manger, ou quasiment rien dans les centres d’hébergement est une faute. Peu importe qu’il y ait tant de repas servis à la rue Badat, ou à l’accueil de jour, il fallait prévoir à l’accueil des centres d’urgence. Et quand je lis qu’un responsable de la réserve communale de la sécurité civile se félicite qu’un restaurant ait amené de la soupe ou que carrefour TNL a fait des dons alimentaires, je le comprends en tant qu’homme confronté à la situation et ayant besoin d’une réponse. Mais il est anormal de laisser des « sans-abri » dépendre d’une solidarité privée toujours aléatoire alors que cette vague de froid était prévue depuis cinq jours.
  • Avoir prévu dans un premier temps 55 lits d’hébergement d’urgence : 40 lits au gymnase Fuon Cauda pour les familles avec enfants et 15 lits à la salle pour les hommes, est une seconde faute. Les capacités se sont révélées assez rapidement insuffisantes, et ce, même s’il y a eu un gros déficit d’information sur la mise en place de ce dispositif. L’intervention de Nice au Cœur dès le dimanche soir alertant certaines associations coupées de l’information, a permis de concerner plusieurs dizaines de sans-abri. Il y avait hier soir 93 personnes à Fuon Cauda pour une capacité initiale de 40 lits. A la salle jules Michel, on est monté à 22 lits pour une capacité initiale de 15. C’est à Jules Michel, dimanche soir, que j’ai vu les « sans-abri » se contenter d’un bol de soupe lyophilisé, sans même un morceau de pain, trempés, pouvant prendre une douche mais avec un substitut de serviette de toilette avec lequel il était impossible de se sécher.

Avoir délibérément excentré l’accueil d’urgence des hommes au fond d’une impasse, la rue Jules Michel, mal éclairée et habituellement concédée aux dealers, est une autre faute. Et pourquoi avoir prévu seulement 15 lits de plus pour les hommes alors qu’ils représentent 85 % des « sans abri ». Résultat, une fois connu, le centre a été débordé et a renvoyé vers Fuon Cauda plusieurs hommes. Malgré cela, il n’a pas été possible de faire face à la demande.

Et maintenant ?

Je pense qu’il faut laisser cet accueil en place pendant au moins deux jours afin de ne pas remettre à la rue tout le monde tout de suite. En effet, les organismes ont été fragilisé par ce froid intense. Nous avons eu la satisfaction de ne déplorer aucun décès mais il faut tenir compte de cette fragilité.

Et enfin, c’est censé n’arriver que tous les trente ans, donc normalement les équipes en place, majorité actuelle comme opposition , ne devraient plus avoir à faire face à une situation pareille