Cyber attaque sur les cours à distance.

Un nouveau couac se dessine pour le gouvernement. Comme l’an passé lors du premier confinement, les plateformes dédiées à l’enseignement à distance ont connu un net retard à l’allumage ce mardi 6 avril, pour le premier jour de l’école à la maison décidée par le gouvernement pour freiner la progression du coronavirus à travers le territoire
On se croirait en plein fiction. Des bugs en série qui ont été signalé au rectorat semblent, en plus d’une impréparation générale, avoir été l’objet d’une cyber attaque, vers 8h15 du matin, heure où d’un coup, il y a eu des milliers de connexion qui ont saturé le système.
Ces problèmes techniques ont provoqué la colère des enseignants et des parents d’élèves, nombreux à s’interroger sur les moyens mis en œuvre depuis un an pour tirer les conclusions des difficultés rencontrées l’an passe à savoir des serveurs dans l’incapacité de monter en charge face à un fort afflux de connexions.
150 000 classes virtuelles semblent avoir pu être ouvertes. À noter que notre département semble avoir été parmi les moins touchés.
Mais ces bugs à répétition doivent surtout nous rappeler que l’option établissements scolaires ouverts le plus longtemps possible était la bonne et qu’elle a permis en moyenne de tenir 12 semaines de plus que nos voisins européens.

Une rentrée scolaire avec Jean Jaurès

Voici la lettre de Jaurès qui sera lue ce matin dans toutes les écoles de France en hommage à Samuel Paty et en soutien à tous nos enseignants.
Lettre aux instituteurs et aux institutrices (1888)
Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire: son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères: l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur: la fierté unie à la tendresse.
Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort. Eh quoi! Tout cela à des enfants! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage. […] Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine! […] Je dis donc aux maîtres, pour me résumer: lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.»

Les lycées de Nice confrontés au Covid

Cela fait deux mois que l on entend les infectiologues expliquer que le virus circule très activement chez les adolescents qui ont repris le chemin des bars et concerts. Même si les plus importants ont été annulés, il est évident que chaque pole de rassemblement de jeunes autochtones et touristes
Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les lycées soient confrontés à des cas de Covid. Cela préfigure une année scolaire qui nécessitera beaucoup de souplesse et d’adaptation de la part des élèves et de la communauté enseignante.
D’où l’importance du port du masque et de l’application des gestes barrières afin de pouvoir garder les établissements ouverts.