Les cultes à la loupe

C’est le Conseil d’ État qui a estimé indispensable de lever l’interdiction totale de réunion figurant dans le décret de confinement du 11 mai et ce, sous huit jour.

Aussi un décret du ministère de l’intérieur a autorisé les cérémonies religieuses à reprendre.

Pour ma part je pense qu’il y avait d’autres urgences.

Et je salue la décision du conseil du culte musulman de différer l’ouverture des mosquées pour les prières et de parier sur une reprise progressive. Il en est de même concernant la religion juive. Le CRIF Sud Est a indiqué que les synagogues n’ouvriront pas avant le 2 juin.

Les catholiques ont par contre repris le chemin de l’église avec des consignes de prudence données par l’évêque. Les fidèles sont appelés à la plus grande prudence et on le comprend quand on voit ce qui vient d’arriver à Francfort en Allemagne où à la suite d’un office dans une église protestante, 40 cas de Covid19 ont été détectés.

La fin des géants du transport

 

S’il est un secteur que le Covid19 aura bouleversé c’est bien celui des transports.

Air France KLM vient d’annoncer la fin de service de l’airbus A380. Le transporteur franco-néerlandais avait déjà expliqué en juillet 2019 que, pour des raisons de rentabilité de l’appareil, plus gourmand en kérosène et plus polluant que les dernières générations d’avions long-courriers, il allait cesser de faire voler le géant des airs à la fin de 2022.

La crise du Covid19 a accéléré le processus. La compagnie française doit réduire de 50 % les émissions de CO2 sur ses vols intérieurs d’ici à 2024 et engager une réflexion sur son réseau en France quand des alternatives ferroviaires de moins de deux heures et demie existent.

Il en est de même dans le secteur des croisières pour les « géants des mers »,ces navires immenses, très polluants que trois grandes compagnies exploitent et qui sont percutées par la crise. Carnival, Royal Caribbean Cruises Et Norwegian ont vu leurs actions chuter de plus de 70 %.

Ces navires géants ont montré qu’ils pouvaient s’avérer dangereux en cas de pandémie. La promiscuité dictée par les critères de rentabilité rend le confinement inefficace. Aucun port ne veut les accueillir. La croisière s’amuse se transforme en prisons flottantes.

Le Diamond Princess restera dans les annales de l’épidémiologie ce navire de croisière qui aura hébergé les premières études sur la contamination par la CoViD-19, avec quelque 700 passagers touchés.

Actuellement 104 navires de croisières sont à l’arrêt dans les eaux americaines, retenant plus de 71000 membres d’équipage. Les compagnies annoncent un redémarrage en juillet mais la clientèle suivra t’elle ? Rien n’est moins sûr.

Restaurants : le casse tête de la distanciation sociale

Autorisée sans doute le 2 juin, la réouverture des restaurants sera un symbole de la résilience pour Nice.

Mais derrière ce symbole se cachent bien des difficultés.

Il y a ceux qui vont parvenir à appliquer la distanciation sociale : sens de circulation dans le restaurant, croisement des personnes, suppression des menus, plexiglas, gestion du propre et du sale, etc. Chaque restaurant va tenter de rassurer au maximum sa clientèle car il faut faire revenir un client qui a encore peur.
Mais ceux qui ont de la surface intérieure ou en terrasse vont négocier des extensions d’occupation du domaine public et parviendront à remplir les critères.

Il y a ceux, et ils sont nombreux, qui vont faire semblant. Ce sera distribution de masques, gel hydroalcoolique à disposition et à volonté, éventuellement suppression des menus à table. Mais que peuvent ils faire d’autre. Il leur manque le nerf de la guerre : la surface. Je pense notamment à tous ces petits restaurants de quartier qui ciblent les salariés avec une formule plat du jour à 10-12 euros. Ils mettront peut être une ou deux tables sur le trottoir pour gagner un peu d’espace, si la mairie est bienveillante mais à l’intérieur il n’y arriveront pas. Ou alors ce sera tellement au détriment de la rentabilité que la question de la pérennité de l’activité se posera.

Enfin, il y a ceux, et il y en aura pas mal, qui ne repartiront pas car les frais fixes ayant continué de courir, les dettes se sont accumulées. On parle d’un tiers de dépôt de bilan au niveau national. J’ai tendance à penser qu’il y en aura moins chez nous mais j’avoue n’avoir aucune donnée objective pour l’affirmer.

Municipales : le 28 juin sur la pointe des pieds MAIS EN MÊME TEMPS !

Je suis de ceux qui pensent que le 1er tour n’aurait jamais du se tenir le 15 mars et que le résultat en est probablement faussé.

MAIS EN MÊME TEMPS il faut en sortir. Refaire l’intégralité de l’élection était une option possible mais n’a pas la préférence du gouvernement.

Très attendu, l’avis du conseil scientifique, rendu public hier, ne s’oppose pas à l’organisation du second tour des municipales fin juin (4922 communes concernées).

Prudent, il reconnaît que la situation sanitaire s’est nettement améliorée par rapport au début du confinement mais juge difficile d’anticiper une situation incertaine pour les semaines à venir.

En conséquence, le conseil scientifique plaide pour tenir compte de la situation épidémiologique dans les 15 jours précédant le scrutin, ainsi qu’à une surveillance soutenue 15 jours après.

Et il dit au gouvernement en substance, prenez vos responsabilités, on ne s’y opposera pas MAIS EN MÊME TEMPS, on ne vois dédouanera pas. La pire des situations pour le gouvernement.

Le conseil scientifique ne s’y oppose pas MAIS EN MÊME TEMPS il tient aussi à alerter sur les risques de propagation du virus plus importants durant la campagne électorale que le jour même du scrutin.

Il ne s’y oppose pas MAIS EN MÊME TEMPS il indique qu’en cas d’élection, l’organisation de la campagne électorale devra être profondément modifiée. Il suggère ainsi de sécuriser les opérations électorales en listant un ensemble de règles sanitaires à respecter lors des différentes étapes (dépôt des candidatures, acheminement de la propagande électorale…).

On peut donc suivre l’avis du Conseil scientifique (qui n’en est pas un) MAIS EN MÊME TEMPS se dire que la situation sanitaire, économique et sociale planétaire a tellement évolué depuis le 15 mars que les thèmes de campagne ne seraient probablement plus les mêmes. Le débat sur l’extension du terminal T2 de l’aéroport de Nice en est le symbole.

Au final, le conseil refuse de porter une quelconque responsabilité en affirmant que les décisions sur la date du scrutin relèvent de la seule responsabilité des autorités publiques.

MAIS EN MÊME TEMPS il fallait s’y attendre.

Proximité et solidarité sortiront gagnantes de cette crise sanitaire

Les niçois.e.s ont répondu présents dans cette circonstance exceptionnelle.

Le premier champ de bataille fut le chantier de la protection des plus vulnérables.

il y a eu les gestes barrière pour endiguer la propagation du virus. Il y a aussi les gestes solidaires pour démultiplier les gestes de solidarité.

Les gestes les plus simples (téléphoner, prendre des nouvelles, proposer de l’aide à ses voisins) sont devenus monnaie courante et nous avons fait preuve d’une attention à l’autre exemplaire.
Il n y a qu’à voir les nombreuses actions de solidarité qui ont été engagées aussi bien à titre individuel que de l’associatif ou du professionnel

Il faut profiter de ce recul de l’individualisme, de cette volonté de faire ensemble pour agir avec responsabilité et aborder l’autre défi.

Car le second champ de bataille sera celui du sauvetage du petit commerce. Certes les commerces ont été aidés par les collectivités locales et territoriales et les chambres consulaires.

Mais la puissance publique pourra tout faire : fonds d’urgence, exonération des redevances d’occupation du domaine public, exonération temporaire des loyers des locaux appartenant à la commune ou à la métropole, stationnement gratuit jusqu’au 30 juin, bons cadeaux de la ville pour tout achat d’au moins 50 euros.

Rien en sera suffisant s’il manque l’essentiel qui consiste à faire revenir les clients dans les magasins et les boutiques malgré les contraintes sanitaires et la peur du Covid19.
Il nous faut également favoriser par tous les moyens la consommation locale, et valoriser l’agriculture locale en développant les filières courtes.

Cette crise sanitaire arrive à un moment où le débat sur le « consommer autrement » prend de plus en plus de place dans le débat public et où les consomma-teurs-trices font le lien entre la santé et la qualité de la consommation

Comme quoi il peut germer au cœur des crises les plus terribles un espoir pour l’avenir.