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Catégorie — Crise

Démantèlement de la jungle de Calais !

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Le « démantèlement » de la Jungle de Calais, annoncé par François Hollande le 26 septembre a commencé ce matin. Chacun en conviendra : c’était une nécessité.

Le nombre de migrants ne cessait de grandir depuis 2013. On comptait alors 500 migrants et il y avait près de 8.000 personnes rassemblées ces dernières semaines, pas loin de 10.000 selon certains ONG. Quoi que l’on pense de la crise migratoire actuelle, on ne peut maintenir un camp, c’est-à-dire un quasi bidonville de 10.000 personnes, sur le territoire national et en particulier en bordure d’une ville de 75.000 personnes.

C’est indigne de la France et inévitablement source de tensions entre migrants et non migrants, mais aussi entre migrants eux-mêmes compte tenu des conditions de vie. Le démantèlement doit maintenant se dérouler dans les meilleures conditions possibles, avec l’effort conjoint des services publics et des ONG. Tous ceux qui étaient affectés par ce camp indigne, les migrants mais également les non migrants voisins, doivent maintenant retrouver des conditions de vie, plus dignes et plus sereines.

La solution mise en œuvre par le gouvernement, avec des CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation ) répartis sur l’ensemble du territoire est la solution la plus digne et la plus responsable. Elle repose sur un engagement des communes pour faire face à cette situation humaine terrible. De très nombreuses communes de toute taille ont accepté d’assumer leur part de responsabilité. D’autres ont refusé , en inventant le concept fumeux de « petit Calais » alors que précisément l’enjeu des CAO , c’est d’éviter les conditions de vie déplorables de Calais. Je regrette ces polémiques politiciennes qui se sont opérées sur le dos de situations humaines désespérées.

octobre 24, 2016   Commentaires fermés sur Démantèlement de la jungle de Calais !

Le rapport 2010 du secours catholique et notamment son éclairage sur la pauvreté en PACA et la jeunesse.

 

Cette étude sur l’évolution de la pauvreté en France souligne en particulier l’extrême précarité qui touche les jeunes de 18-25 ans, catégorie la plus pauvre de la société.

L’enquête propose également un focus sur les caractéristiques régionales

En 2010, le Secours Catholique a dû traiter 628 800 situations de pauvreté, c’est-à-dire de personnes ou de familles en grande difficulté. Compte tenu de la composition des familles rencontrées, ces situations concernent environ 1 492 000 personnes, dont 790 000 adultes et 702 000 enfants. Bien que le nombre de situations reste quasi stables, contrairement aux prévisions, la somme des personnes concernées par ces situations augmente, elle, de 2,3%.  Cette évolution vient aussi du fait que le Secours Catholique rencontre de plus en plus de familles.

La proportion de situations déjà connues passe de 33,5% en 2009 à 35%. Cette légère augmentation est un signe de la persistance des difficultés rencontrées par une partie des ménages. Ainsi, 29,2 % des ménages rencontrés en 2010 sont de nationalité étrangère. Ceci marque une progression de 10 points depuis 1999. La part des familles monoparentale (femmes) avec enfants augmente (50,4% en 2009 contre 52,7% en 2010) et les enfants sont plus nombreux (2,17 par famille)

Les personnes rencontrées sont particulièrement exposées à la solitude puisque 71%  vivent sans conjoint, 61% n’ont pas de proches présents auprès d’eux et 81% n’ont aucune activité collective. L’isolement et la pauvreté s’aggravent mutuellement. Sans conjoint ou famille, il n’y a pas d’appui affectif. Le partage des tâches, ainsi que la mutualisation des ressources et des dépenses n’existent pas.

Parmi les populations faisant appel au Secours Catholique, il existe une part significative de personnes travaillant en CDI à plein temps. Cette présence traduit l’incapacité du CDI à plein temps à garantir un niveau de vie décent. Quant à la forte présence des emplois autres que le CDI, elle montre bien la fragilité de ces emplois, qui sont ceux où l’on trouve le plus de « travailleurs pauvres » et parmi eux, plus de femmes.

Les bénéficiaires du RSA dans l’ensemble des situations rencontrées sont en nette augmentation. La possibilité de cumul du RSA avec une activité salariée (RSA-Activité cumulable avec le RSA-Socle) en est la principale raison. Les bénéficiaires du RSA-Socle seul (sans activité professionnelle ou en recherche d’emploi non indemnisée) fréquentent beaucoup plus les accueils du Secours Catholique que ceux du RSA-Activité. Ces derniers perçoivent en effet un revenu médian supérieur de 20%. Les ménages qui cumulent le RSA avec un revenu d’activité parviennent mieux à s’en sortir que ceux qui n’ont pas de revenu d’activité. La différence est importante (Revenu moyen des ménages rencontrés en 2010 : 1034 Euros pour les premiers contre 839 Euros pour les derniers) mais le montant reste faible et ne permet pas aux ménages de s’en sortir par eux-mêmes, puisqu’ils s’adressent au Secours Catholique. Et malgré leur désir de travailler, nombreux sont ceux qui ne trouvent pas d’emploi et doivent se contenter du RSA socle.

Avec l’écoute qui brise l’isolement, la première demande concrète concerne l’alimentation (53,3% des demandes). Après avoir payé leurs factures, beaucoup n’ont même plus de quoi se nourrir.

Le Secours Catholique constate que les jeunes sont proportionnellement plus représentés dans les centres d’accueil qu’ils ne le sont dans l’ensemble de la population. Il s’agit de la tranche d’âge la plus fragile puisqu’elle se situe dans cette difficile transition entre la dépendance et l’autonomie : elle cumule donc tous les risques.  Les jeunes sont bien plus souvent des « premiers contacts », venant au Secours Catholique de leur propre initiative. Ils sont rarement adressés (et donc suivis) par les services sociaux. La courte durée de leur situation professionnelle, de l’occupation de leur logement, ou de leur séjour en France augmente leur précarité. Les jeunes souffrent d’un manque de ressources quelles qu’elles soient. L’emploi, et surtout l’emploi durable (malgré un niveau de formation plus élevé que les plus âgés) est difficilement accessible. Les transferts sociaux sont quasi inexistants et très peu ont accès au logement social. Même l’accès au parc privé reste difficile (malgré les garanties Loca-Pass), du fait des exigences de garanties des bailleurs privés. Dans cette phase de difficile transition, l’Etat et les employeurs sont relativement absents. Seule la famille, autant qu’elle le peut, joue son rôle de providence, même quand cela la met elle-même en difficulté.

Le marginal en rupture sociale existe toujours (17% de jeunes en extrême précarité) mais il côtoie désormais d’autres profils :

–                Les jeunes en recherche d’emploi, étudiants ou en formation (21%), pour la plupart des hommes, célibataires, en rupture familiale, ayant de grosses difficultés à accéder à un logement stable, et pouvant donc facilement basculer dans la catégorie des marginaux.

–                Les jeunes travailleurs pauvres, majoritairement des femmes au chômage indemnisé ou en emploi précaire (14%). Leurs ressources très irrégulières les fragilisent et ne leur permettent pas d’avoir une vie décente malgré leurs revenus.

–                Les jeunes mères célibataires bénéficiaires du RSA (22%). Ces femmes ne bénéficient que de transferts sociaux. Elles sont souvent locataires dans le parc social.

–                Les jeunes familles étrangères qui vivent en habitat très précaire (9%),

–                Les ménages français qui basculent dans la pauvreté après un accident de la vie (17%).

Le taux de pauvreté 2008 en région PACA (15,4%) était également supérieur à celui de la Francemétropolitaine. En 2010, le Secours Catholique a du traiter 33 430 situations de pauvreté dans notre région. Les ¾ de ces situations étaient de nouveaux contacts (maximum des régions) et la proportion de situations vivant en milieu rural augmente (5,4% en 2009 contre 10,1% en 2010). La part des étrangers dans les accueils est assez importante et concerne principalement les ressortissants des pays du Maghreb, bien que cette part (17,6%) soit en légère diminution par rapport à l’année précédente (18,6%). 48,7 % de ces étrangers en situation de pauvreté disposent d’ailleurs d’un titre de séjour en règle. Les hommes seuls sont particulièrement nombreux dans les accueils (35,9%), bien au delà de la moyenne métropolitaine (24,9%).

Les couples avec et sans enfants représentent les proportions les plus faibles de toutes les régions, comme si, en PACA, le fait d’être un couple constituait plus qu’ailleurs une protection contre la pauvreté. Les appuis familiaux semblent par contre plus rares que dans d’autres régions. Le parc social est peu dense en PACA et ceux qui n’ont pas la chance d’y accéder sont très pénalisés dans le parc privé. La proportion des bénéficiaires du RSA  a augmenté. L’emploi étant rare, il s’agit le plus souvent du RSA-Socle. Le revenu moyen mensuel des ménages rencontrés dans la région (842 Euros) se situe nettement au-dessous de la moyenne métropolitaine (915 Euros).

59,1 % des ménages accueillis ont des impayés, le montant médian de ces impayés (824 Euros) augmente et atteint presque le niveau du revenu moyen mensuel. La majorité des impayés porte sur les loyers.

En conclusion, le Secours Catholique constate à quel point notre pays ne mobilise pas tout le potentiel de sa jeunesse.

Etre jeune, c’est avant toute chose être en période de transition et de construction personnelle. Ce passage sera fructueux pour certains jeunes, difficile pour d’autres, voire quasi impossible pour quelques-uns. Pendant longtemps, cette période a été globalement prise en charge par les familles, complétées par de nombreux lieux d’ « éducation populaire », laissant la puissance publique en acteur discret. Aujourd’hui, avec la faible évolution du pouvoir d’achat depuis une trentaine d’années, le manque d’emploi, les crises économiques successives et l’évolution des familles, la réalité a changé.

 

novembre 23, 2011   1 Commentaire

Grèce : le saut dans l’inconnu

 

La décision de Papandréou de recourir au referendum pour faire valider l’accord conclu à Bruxelles la semaine passée ne me semble pas, contrairement à ce que j ai entendu ce matin sur les ondes, le symptôme d’un vent de panique, bien au contraire.
La panique est désormais chez les autres.
. D’abord dans l opposition de droite liberale grecque, et dans une partie de la gauche souverainiste qui ne s’y attendaient absolument pas et qui se retrouve face a un problème géant. A force de faire de la politique politicienne pour enfoncer chaque davantage un premier ministre socialiste qui a, rappelons le, trouvé cette situation et n’en est pas à l’origine, nous voila dans la version grecque de l’arroseur arrosé.
En effet, je vois mal les grecs répondre oui à la question qui leur sera posée, quelle qu’elle soit d’ailleurs. Les socialistes vont donc quitter le pouvoir et provoquer des élections legislatives anticipées. Ce sont  les libéraux qui vont se retrouver placés devant le dilemme suivant : faire avaler la potion contre laquelle ils ont combattu aux grecs ou alors déclarer la Grèce en faillite. Ce referendum, c’est avant tout la volonté de Papandreou de ne pas apparaitre comme le fossoyeur de son pays. Or il n’est plus en situation politique d éviter cela avec la montée de contestation populaire attisée par les libéraux et l’extreme gauche avec d ailleurs des objectifs différents. Du coup le revers des socialistes aux prochaines élections législatives pourrait etre moins important que prévu. C est une stratégie pour limiter la casse.
. S’en remettre au peuple est toujours plutôt bien vu a gauche. Cela n’a pas toujours été historiquement le cas, surtout en France. Mais dans ce moment si particulier de l’histoire, où la contestation de l’ultraliberalisme, de la financiarisation de l économie, n’a jamais été aussi forte, où des révolutions ont mis fin à trois dictatures dans le monde arabe-musulman, ou partout en Europe, avec pour origine l’Espagne, le mouvement des indignes fait tache d huile, jusqu’en Israel où pour la première fois les questions sociales sont mises en avant au détriment de la question palestienne, partout les peuples veulent la parole et être entendus. En ce sens, la décision de Papandreou, est un coup politique démagogique, dangereux mais génial.
.L’Europe part dans l inconnue. Elle démontre d’abord son incapacité chronique a régler ses problèmes financiers car un échec sur la question grecque ne peut rendre optimiste quand se profilent derrière les questions italiennes et Espagnoles. Répondre non pourrait précipiter la sortie de l Euro pour la Grèce avec des conséquences encore incalculables tant pour les grecs que pour l’Europe. L’économie grecque serait complètement ruinée et l’effet domino n est pas un scénario improbable, quand on voit depuis ce matin les spéculateurs s’attaquer a l’Italie!

novembre 2, 2011   Commentaires fermés sur Grèce : le saut dans l’inconnu

Le deficit commercial se creuse

Il s’agit incontestablement d’un des plus graves échecs de la droite : un déficit commercial abyssal. Les mauvaises nouvelles s’accumulent mois après mois pour l’économie française. Après le fort ralentissement de l’investissement au deuxième trimestre et le recul de la consommation, c’est au tour du commerce extérieur de continuer son plongeon.

Le déficit extérieur est à nouveau supérieur à 6 milliards d’euros en juillet (6,46) et risque d’atteindre un record historique pour l’année 2011. Sur les douze derniers mois, le déficit s’établit à 67,21 milliards d’euros contre « seulement » 51,66 milliards pour l’année 2010. La France est donc loin d’être sortie de la crise, qui n’est pas qu’une crise des finances publiques ! Notre pays est frappé par un triple déficit : financier, de croissance et de compétitivité que le gouvernement est incapable de prendre en considération. Il est pourtant urgent d’agir sous peine de voir notre pays prendre un retard irrattrapable en termes de compétitivité-qualité.

Notre pays n’est pas condamné à subir d’année en année des déficits commerciaux de plus en plus importants. De 1992 à 2004, le solde du commerce extérieur était excédentaire. La France doit mener une politique industrielle cohérente et ambitieuse dont l’objectif n’est pas la réduction du coût du travail qui ne fera que nous enfermer sur des secteurs à faible valeur ajoutée, mais de permettre la montée en gamme de notre production et la constitution de filières solides.

En 2012, nous créerons des agences régionales de l’innovation, en lien avec la Banque publique d’investissement. Nous recentrerons le crédit impôt- recherche sur les dépenses de R&D des PME de moins de 2000 salariés et vers les entreprises industrielles stratégiques et de souveraineté. Nous favoriserons la constitution d’entreprises de taille intermédiaire, maillon essentiel pour le développement à l’exportation et, pour encourager l’investissement, nous modulerons l’impôt sur les sociétés en fonction du réinvestissement des bénéfices dans l’outil productif.

Le redressement économique, la création d’emploi et le rayonnement national passent par ces solutions.

septembre 17, 2011   Commentaires fermés sur Le deficit commercial se creuse

Règle d’or : ESTROSI ferait mieux de s’occuper de Nice plutôt que de la France

 

Communiqué de presse

Règle d’or :

ESTROSI ferait mieux de s’occuper de Nice plutôt que de la France

J’apprends avec stupéfaction que Christian ESTROSI propose un référendum sur la règle d’or établissant un contrôle des déficits budgétaires. En bon sarkozyste, le Député-maire de Nice veut mettre l’opposition nationale en difficulté et en même temps se donner l’image d’un bon gestionnaire rigoureux.

Ce qu’on peut reconnaître à Christian ESTROSI, c’est qu’il ose tout.

Sous sa présidence, l’encours de la dette du Conseil Général des Alpes-Maritimes est passé de 53 millions d’euros à 800 millions d’euros entre 2003 et 2008.

Depuis 2008, le déficit de la Ville de Nice et de la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur, en cumulé, est passé de 658 millions d’euros à 1,019 milliards d’euros.

Les déficits abyssaux qu’il a creusés, là où il est en situation de gestion, lui ôtent toute légitimité pour se mêler de ce débat national. Il ferait mieux de commencer par appliquer cette règle d’or à lui-même, en cessant son gaspillage des fonds publics, et tout cela malgré la hausse de 17% des impôts locaux qu’il a imposé à tous les niçois.

Patrick ALLEMAND
Vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

septembre 7, 2011   Commentaires fermés sur Règle d’or : ESTROSI ferait mieux de s’occuper de Nice plutôt que de la France