Ligne 2 du tram : la puissance de la communication

 

Ce matin le quotidien régional titre à la Une  » ligne 2 du tram : déjà un million de passagers »
Vous vous dites, 1 million mais c’est formidable ! Quel succès !

Mais il y a une autre lecture. 1 million depuis le 28 juin, cela fait 1 million en 34 jours, soit 29 411 passagers par jour. Or l’objectif martelé publiquement par Christian Estrosi est 140 000
passagers par jour.

Nous en sommes encore loin.

Lignes 2 et 3 : Il manque 20 millions pour que ça tourne !

 

C’est le thème de la conférence de presse que j’ai tenu ce matin. Grâce aux pointages effectués par les équipes de Nice au Cœur qui étaient simultanément présentes au terminal 2 de l’aéroport, au terminus du CADAM, à la sortie du souterrain à Magnan et à la station souterraine de Jean Médecin, nous sommes en mesure de tirer certaines conclusions de la mise en service du premier tronçon souterrain de la ligne 2.

La situation réelle est moins idyllique que la version officielle exposée par le président de la Métropole lors de l’inauguration de la station Jean Médecin. En effet Christian Estrosi avait annoncé un temps de trajet particulièrement attractif de 26 minutes entre le port et l’aéroport terminal 2, avec une fréquence de 4 minutes une fois la L2 achevée.

Les vérifications opérées par les militants de Nice au Cœur ne valident pas ces hypothèses.

Sur le temps de trajet :

Sur les 11 rames, nécessaires qui sont parties de Jean Médecin entre 9h01 et 10h03 pour aller soit au CADAM, soit au T2 à l’aéroport, le temps de parcours a varié entre 24 et 29 minutes. La moyenne s’établit donc à 27 minutes.

Si l’on met 27 mns pour aller du T2 de l’aéroport à la station Jean Médecin, il est évident qu’on ne peut en mettre 26 entre le Port et l’aéroport. La durée totale du trajet port-aéroport T2 sera de 32 minutes, soit 6 de plus que ne l’indique la propagande estrosienne.

Sur la fréquence et le nombre de rames :

Actuellement, la fréquence est de 6 minutes. Elle devra être portée à 4 minutes dès le 2 septembre, date de l’interdiction de circulation des bus urbains et interurbains sur la Prom’.

La révolution (temps nécessaire à une même rame pour effectuer un second départ) pour relier les terminus de l’ouest à Jean Médecin est de 66 minutes.

Si l’on rajoute les 5 minutes aller et les 5 minutes retour entre l’arrêt Jean Médecin et le terminus du Port LYMPIA (partie souterraine restant à couvrir), le temps de la révolution passe à 76 minutes minimum.

Il y a actuellement 26 rames de commandées ou livrées : 19 sont prévues pour la L2 (16 en exploitation et 3 gardées en réserve pour la maintenance, les éventuelles réparations et la formation des conducteurs) et 7 pour la L3.

Il en faudrait 32, sinon RLA sera contrainte de plumer provisoirement la L3 pour atteindre le meilleur niveau d’exploitation possible sur la L2. A ce moment là, il ne reste plus que 4 rames sur la L3 (pour l’exploitation ET la réserve).

Ce qui dicte l’ensemble, c’est l’objectif de fréquence à 4 minutes car si cette fréquence n’est pas respectée, la L2 ne pourra pas absorber la totalité des usagers des lignes de bus qui sont amenées à disparaitre en septembre 2019, à la rentrée.

Or, pour que les L2 et L3 fonctionnent de manière optimale, il faut à minima 32 rames et non 26.

La RLA n’a donc pas commandé suffisamment de rames pour parvenir à cet optimum. Il en manque 6 ce qui correspond à peu près à une dépense de 20 millions d’euros.

L ‘ennui, c’est qu’on achète par une rame d’un tramway comme on achète sa voiture chez un concessionnaire, il faut la commander, la construire, la livrer, faire les essais etc. Cela peut prendre un an au minimum.

En attendant ces 6 rames manquantes, il faudra soit cannibaliser intégralement la L3, soit renoncer provisoirement à l’interdiction des bus sur la Prom’ pour garantir le transport par tram des usagers empruntant aujourd’hui le bus.

Inauguration de la ligne 2 du tramway : pourquoi je n’irai pas

 

Vendredi 28 juin 2019 se déroulera l’inauguration de la ligne 2 du tramway comprise entre l’avenue Jean Médecin et le boulevard de Magnan.

La connexion entre les lignes 1 et 2 du tram est une avancée incontestable pour le maillage des transports publics à Nice.

Toutefois, je n’assisterai pas à cette inauguration compte tenu de la position qui a été celle de notre groupe tout au long de ce chantier dont nous avons contesté et combattu l’option choisie en souterrain, notamment pour son coût exorbitant.

MERCI!

 

A tous ceux qui ont cru en ce combat. Attack, Tous citoyens, Mrap, les 3T, les Arianencs, Ensemble 06, PCF 06, PS 06, MRC, generation’s, EELV.Nous l’avons gagné tout simplement parce que nous avions la meilleure analyse de la situation et parce que notre combat pour l’égalité territoriale est juste.

Le tram passera à l’Ariane : nous avons gagné !

 

Ce sont avant tout les Arianencs qui ont gagné et dont je salue la détermination.

Merci à toutes les composantes exemplaires du collectif « Pour un tram à l’Ariane », à tous ceux qui se sont mobilisés, qui ont organisé des réunions publiques, qui ont monté les cages d’escaliers pour une pétition qui a dépassé les 7 000 signataires.

Cela montre qu’il ne faut rien lâcher et que les seuls combats perdus d’avance sont ceux que l’on ne mène pas.

Le 5 avril 2018, en plein conseil métropolitain, Christian Estrosi avait dit non au tram à l’Ariane arguant qu’il ne serait pas rentable. En tant que collectif nous raisonnions non pas uniquement sur l’Ariane mais aussi sur La Trinité et la Vallée du Paillon. C’est à cette même conclusion qu’aboutissent les études des services.

Dès lors, la proposition du président de la métropole (un tram entre Pasteur et La Trinité passant par l’Ariane, devenant un tram-train sur la voie ferré jusqu’à Cantaron) prend tout son sens. C’est une bonne nouvelle pour les déplacements dans la Métropole et pour la lutte contre le réchauffement climatique.

En tant qu’opposition constructive et sous réserve de certaines précisions, ce projet répond aux enjeux que nous avions identifiés. Nous le soutiendrons donc.

Le 6 juin 2019 c’est tout une victoire de la démocratie et de l’intérêt général.