Visite au Secours Populaire

 

Hier matin vers 9h30 je suis passé rue Bonaparte au siège du Secours Populaire mais nous étions un lundi. Lorsque j’ai vu la queue qui attendait l’ouverture des portes, j’ai décidé de repasser un peu plus tard.

En effet, dégagé de mes obligations électorales, je voulais d’autant moins que cette visite ne soit politiquement interprétable.

A 10h15 c’était plus calme. Sur le trottoir je croise le baron De Brawney, des chevaliers de l’ordre de Malte avec lequel j’ai noué des liens amicaux qui discute avec une maquilleuse. A l’intérieur je trouve Sami qui tente d’organiser avec quatre bénévoles, la réception des dons. Dehors plusieurs « trafics » conduits par des bénévoles attendent leur chargement pour aller livrer ou distribuer des repas. Tout est calibré, parfaitement organisé. Il faut dire que la maison de la solidarité est vaste ce qui facilite les choses.

Ici c’est la solidarité à tous les étages et une activité qui est mesurée constamment.

-11800 colis alimentaires livrés à domicile
-2350 colis d’hygiène
-750 kits bébé
-92 tonnes de produits alimentaires sortis des stocks
-plus de 100 étudiants aidés sur un plan alimentaire chaque jour

Et surtout ce chiffre qui donne tant d’espoir, 400 nouveaux bénévoles.

En repartant après avoir déposé un stock de chemises et des jouets, je me suis dit que tous ces réseaux de solidarité qui s’organisent autour des « majors » comme le Secours Populaire ou les Restos du Coeur, ou autour des association de maraude comme « le café suspendu » sont une véritable richesse pour notre cohésion sociale.

La fin des géants du transport

 

S’il est un secteur que le Covid19 aura bouleversé c’est bien celui des transports.

Air France KLM vient d’annoncer la fin de service de l’airbus A380. Le transporteur franco-néerlandais avait déjà expliqué en juillet 2019 que, pour des raisons de rentabilité de l’appareil, plus gourmand en kérosène et plus polluant que les dernières générations d’avions long-courriers, il allait cesser de faire voler le géant des airs à la fin de 2022.

La crise du Covid19 a accéléré le processus. La compagnie française doit réduire de 50 % les émissions de CO2 sur ses vols intérieurs d’ici à 2024 et engager une réflexion sur son réseau en France quand des alternatives ferroviaires de moins de deux heures et demie existent.

Il en est de même dans le secteur des croisières pour les « géants des mers »,ces navires immenses, très polluants que trois grandes compagnies exploitent et qui sont percutées par la crise. Carnival, Royal Caribbean Cruises Et Norwegian ont vu leurs actions chuter de plus de 70 %.

Ces navires géants ont montré qu’ils pouvaient s’avérer dangereux en cas de pandémie. La promiscuité dictée par les critères de rentabilité rend le confinement inefficace. Aucun port ne veut les accueillir. La croisière s’amuse se transforme en prisons flottantes.

Le Diamond Princess restera dans les annales de l’épidémiologie ce navire de croisière qui aura hébergé les premières études sur la contamination par la CoViD-19, avec quelque 700 passagers touchés.

Actuellement 104 navires de croisières sont à l’arrêt dans les eaux americaines, retenant plus de 71000 membres d’équipage. Les compagnies annoncent un redémarrage en juillet mais la clientèle suivra t’elle ? Rien n’est moins sûr.

Ce tweet qui met le feu à l’aéroport

 

J’ai tweeté il y a deux heures que des dizaines d’emplois, peut-être plus, étaient menacés à l’aéroport de Nice Côte d’Azur.

Voici ce tweet.

Il se prépare sur la plate-forme de l’aéroport #NiceCôtedAzur des dizaines de licenciements. Seul le recours à un allongement du chomage partiel pourrait endiguer ce qui deviendra inévitable si l’activité ne reprend pas. Ce sera un choc social de plus pour notre département. https://t.co/hcwSAGqpMF

J’assume.

Cela fait plusieurs jours que je reçois des alertes provenant de salariés inquiets de la tournure prise par les événements mais c’est un long message qui m’est parvenu ce matin qui m’a décidé à intervenir publiquement.

Voici ce message :

« bonjour,

Je fais appel à vous pour nous aider dans cette crise sanitaire et économique sans précédent.

Je travaille comme agent d’escale au sein d’une entreprise de l’aéroport Nice Côte d’Azur qui est spécialisée dans les services aéroportuaires d’assistance.

Cette société emploie un peu moins de 400 salariés sur Nice. Nous ne possédons pas d’avions mais nous faisons la sous traitance de plus d’une quarantaine de compagnies (agents de billetterie, agents d’enregistrement et d’embarquement des passagers, agents des litiges bagages, coordinateurs de vol et nois traitons également beaucoup de vols de l’aviation privée.

Nous sommes des dizaines et des dizaines d’entreprises ou de sociétés de services sur l’aéroport à vivre du tourisme (sous-traitants aéroportuaires, magasins, loueurs de voitures, sociétés de sécurité, sociétés de nettoyage, sociétés de catering, pompiers, policiers, médecins).

C’est une ville dans la ville.

Suite à cette crise, cette ville s’est éteinte. Le terminal 1 est fermé depuis la mi-mars car il fallait réduire les coûts d’exploitation. Seul le terminal 2 est ouvert actuellement avec tout au plus 3 ou 4 vols par jour.

C’est une désolation

Et dans chaque aéroport français, c’est la même situation. Aujourd’hui nous avons l’impression d’être les oubliés de l’État.

En effet l’État à rallongé le chômage partiel jusqu’en septembre 2020 pour les secteurs d’activité touristique (Hôtels, restaurants, compagnies aériennes) mais visiblement il ne mentionne pas les sociétés aéroportuaires qui en dépendent.

L’État parle de maintenir le chômage partiel pour les entreprises complètement à l’arrêt, mais quid des entreprises dépendantes du tourisme qui travaillent très peu et où 9/10eme du personnel est en chômage partiel comme nous.

En mai 2019, notre société a traité un peu plus de 2100 vols alors qu’en mai 2020, seulement 20 vols sont prévus. Nous ne sommes pas à l’arrêt mais c’est tout comme.

Comment le gouvernement peut il imaginer une participation des employeurs pour le paiement du chômage partiel alors que l’activité est au plus bas.

Nos entreprises, déjà fragilisées ne pourront pas supporter ce poids économique supplémentaire et ne pourront pas éviter de procéder à des licenciements.

Nous vous sollicitons afin que vous puissiez faire entendre nos voix, la voix de ces milliers d’emplois du secteur aérien qui sont en danger.

Il faut préserver ce chômage partiel en totalité jusqu’à la reprise d’activité. « 

Se rajoutent à ce texte à la fois précis et prenant d’autres éléments.

Les compagnies du Terminal 1 au niveau enregistrement se font sous traiter par Aviapartner au niveau de l’enregistrement et de la piste. Pour la soute Aviapartner elle même sou-traite à GSF. Pour la sécurité du Terminal 1, c’est la société Securitas.

Pour la sûreté du Terminal 2, c’est la société Samsic. C’est le terminal que la société aéroportuaire va exploiter au maximum pour rouvrir le T1 au premier trimestre 2021.

Ce scenario mettrait tous les sous traitant du Terminal 1 Securitas, Aviapartner, GSF, dans l’obligation de licencier massivement.

Voici ce qui se prépare et dont personne ne parle.

Au delà d’exprimer notre solidarité et notre soutien à tous ces salariés et à leur famille, il me parait essentiel de peser par tous les moyens et au delà des clivages politiques pour que le chômage partiel de ces entreprises soit aligné sur celui des professionnels du tourisme.

Déjeuner au Fourneau Économique auprès des personnes précarisées

 

Il y a des SDF mais pas que… Aussi des gens du quartier qui ne roulent pas sur l’or et qui viennent déjeuner au Fourneau pour un euro et en même temps lutter contre l’isolement qu’entraîne souvent la précarité économique

Ce fut l’occasion pour moi, comme chaque année, de saluer tous les joueurs de cartes et puis de déjeuner au milieu d’eux au sous sol, une salade, des pâtes à la bolognaise et deux tranches d’ananas.

Puis de mieux évaluer la situation en entretien avec sœur Anne-Marie. La fréquentation est un peu moins forte que l’an passé ce qui nous a tous deux réjouis mais cela demande une analyse plus fine quand les mauvais jours arriveront car là, l’été indien est exceptionnel.

Emplois francs : Pas avant 2020 à Nice !

 

J’ai profité du déplacement à Nice de la ministre du travail, Muriel Penicaud, à la ressourcerie des Moulins pour remettre sur le tapis la question des emplois francs et de leur absence dans les Alpes-Maritimes.

Je ne l’ai pas fait avec la ministre mais avec une de ses collaboratrices, ce qui en général, permet d’avoir des réponses plus précises.

Lors de la communication de la liste initiale des quartiers bénéficiaires, liste promulguée par arrêté ministériel du 30 mars 2018, Nice n’était pas dans la sélection alors qu’y figuraient 59 quartiers de la Région PACA, un dans le Vaucluse (Pertuis), et 58 dans les Bouches du Rhône, dont 35 pour la seule ville de Marseille.

La raison est simple. A priori Nice ne s’est pas battu pour être retenu dans cette expérimentation.

Pourquoi Nice ne figure t’il pas dans le nouvel arrêté, daté du 29 mars 2019, qui précise que désormais 12 territoires et 740 quartiers de la France métropolitaine et ultra-marine sont désormais éligibles au dispositif des emplois francs ?

La c’est un choix ministériel. La ministre a préféré étendre le dispositif à partir des territoires de la 1ere expérimentation. Ainsi il y avait Marseille dans l arrêté de mars 2018, il y a les Bouches du Rhône dans l’arrêté de mars 2019.

En résumé il est clair que nos jeunes de nos quartiers, de l’Ariane, des Moulins, de Bon Voyage, des Liserons, de Pasteur, de Nice Nord, n’ont pas été défendus auprès du gouvernement par le maire de Nice au moment où il le fallait, c’ est à dire en 2018 quand il y a eu les premiers territoires de choisis.

Nice bénéficiera donc de ce dispositif, si l’évaluation est positive, au moment où il sera généralisé, en 2020. Pour l’heure 6000 emplois francs sont financés par l’État. Ce sont souvent des CDI. Voilà le résumé de l’entretien que j’ai pu avoir avec son staff.