SOS Méditerranée de nouveau sur le pont !

 

SOS Méditerranée nous annonce son retour en mer et je salue ce retour. Ce ne sera plus avec l’Aquarius qui a sauvé tant de vies et qui est devenu un symbole mais avec un nouveau bateau.

Ce navire est déjà en mer et il fait route vers la Méditerranée. Ce nouveau bateau s’appelle Ocean Viking. Il est rouge et blanc, conçu pour le sauvetage en mer, et il bat pavillon norvégien. Il fait 69m de long, est robuste, plus rapide et plus récent que l’Aquarius. Il peut accueillir les rescapés dans de bonnes conditions.

Les bénévoles l’ont aménagé pendant plusieurs semaines pour y installer plusieurs abris pour les rescapés, la clinique de leur partenaire médical, Médecins Sans Frontières et leurs équipements de sauvetage.

Alors qu’il n’existe plus, depuis juin 2018, de mécanisme de débarquement en Méditerranée centrale, les militants de SOS Méditerranée sont conscients que chaque sauvetage peut être suivi de journées éprouvantes de recherche d’un port sûr et de négociations avant de pouvoir débarquer les rescapés.

Ce navire a donc été spécialement équipé pour affronter de plus longs séjours en mer.

Cette année encore, des hommes, des femmes et des enfants continuent à prendre la mer, « entassés » sur des embarcations de fortune pour fuir la Libye où règnent les exactions, la torture et une guerre civile qui s’intensifie ces derniers mois.

Ces personnes en détresse sont le plus souvent interceptées par les garde-côtes libyens et ramenées vers l’enfer qu’elles cherchent justement à fuir ou – en l’absence de moyens de sauvetage suffisants – disparaissent en mer, sans témoin. En 2019, le taux de mortalité n’a jamais été aussi élevé en Méditerranée centrale. Selon l’OIM, au moins 20 000 personnes sont mortes noyées en Méditerranée ces cinq dernières années.

Savoir que l’Océan Viking va patrouiller en Méditerranée est réconfortant pour tout ceux qui considèrent ces enjeux comme prioritaires et qui ne peuvent se contenter d’un lancer de fleurs dans la baie des Anges même s’il s’agit d’un geste symbolique fort.

En fin de dictature, l’histoire s’accélère toujours !

C’est un jour particulièrement émouvant pour la démocratie dans le monde. Une des plus anciennes dictatures, la plus vieille, même, avec ses 42 ans, est en train de tomber. Les rebelles sont à Tripoli. La population de la ville se soulève, fraternise avec ses libérateurs sur la Place Verte, symbole du régime khadafiste. C’est la chute finale !

Ceci advient exactement dans les délais estimés par plusieurs hauts responsables marocains et tunisiens avec qui j’avais pu m’entretenir à ce propos. Ainsi, au mois de mai, et encore début juin, tous s’accordaient pour considérer, compte tenu de la situation sur le terrain, qu’un dénouement interviendrait à brève échéance. Déjà, à ce moment là, ils décrivaient une armée régulière à bout de souffle, livrée à l’anarchie, parce que coupée de son commandement central, les systèmes de transmission ayant été détruits par les Français et l’OTAN. Dès alors, des défections se multipliaient vers la Tunisie, les soldats déposant les armes avant de passer la frontière.

Il faut d’ailleurs souligner la solidarité du peuple tunisien qui a été exemplaire durant toute cette période.

Mais comme tous les dictateurs, Khadafi est un grand communicant. Aidé par quelques sursauts sporadiques de l’armée, il a fini par faire croire à l’opinion publique qu’il tenait encore la situation sous contrôle. Ce qui fait que beaucoup de monde est aujourd’hui surpris. Il a réussi à transformer une évidence en quelque chose d’inattendu, dans un délai si rapide.

Pourtant, il existe une constante : les dictateurs semblent, et là réside leur force principale, invulnérables, invincibles – on dit familièrement ‘indéboulonnables’ –  et ce, jusqu’à la toute fin de leur règne. Et dans les derniers jours, l’histoire s’accélère toujours.

Souvenez-vous de la fin de Ceaucescu en Roumanie, de celle de Millosevic en Serbie, de celle de Saddam Hussein en Irak, ou plus récemment, de celle de Ben Ali en Tunisie ou de Moubarak en Egypte. Le mouvement, implacable, fut le même.

De ce point de vue, Khadafi n’a pas échappé à la règle !