L’Assomption : d’une fête religieuse à une tribune politique

 

La fête de l’Assomption, c’est la fête de la vierge Marie, patronne des marins selon la tradition niçoise.

Chaque année, tout le monde se retrouve donc vers 17 heures le 15 août, à l’endroit où les pointus sont attachés. C’est, en effet,  le ‘Club de la Mouette’ qui assure la majeure partie de cette animation. Voir les pointus sortir est un véritable spectacle pour les Niçois comme pour les touristes.

Ce soir,  il y avait 37 pointus dehors, soit près d’un sur deux, tous barrés par leurs propriétaires tout de blanc vêtus et portant cette ceinture d’un bleu si particulier.

Les pointus se promènent dans le port avec des invités. J’étais personnellement invité avec ma fille, hier, sur le pointu de Robert, baptisé «Petit Pierre ». Durant la cérémonie, ces petites embarcations sortent du port pour aller jeter une gerbe en mer avant de revenir vers les quais et se faire bénir par le prêtre.

Ensuite se déroule une messe donnée en plein air, toujours suivie par 500 ou 700 personnes selon les années.

Cette fête est magnifique. Elle se déroule dans le décor incomparable du Port de Nice avec la lumière blanche des soirées d’été sur les couleurs des immeubles, je ne m’en lasse pas.

Depuis trois ans, cependant s’est greffée sur la fête de l’Assomption, une nouvelle tradition bien moins sympathique.

Christian ESTROSI et Éric CIOTTI se servent de cette messe comme d’une tribune politique. Nos duettistes locaux prennent la parole, à tour de rôle, à la fin de l’office. Leurs interventions sont, à certains égards, caricaturales, à la limite d’un prêche : il s’agit pour eux de rappeler notre histoire, notre civilisation, nos valeurs judéo-chrétiennes, la nécessité de défendre notre modèle de civilisation, notre fierté d’être catholiques etc … On se croirait à la fête de … Jeanne d’Arc !

Christian ESTROSI, n’omet pas, en ce qui le concerne, d’entrer carrément dans la polémique en expliquant que lorsqu’il a voulu honorer Jean-Paul II, l’opposition lui a fait un mauvais procès. Ce faisant, le malheureux essayait d’aller glaner  quelques applaudissements qui ne sont pas arrivés à ce moment-là.

Dans les festins des villages, les responsables politiques ont toujours pris la parole. J’étais avant-hier à Venanson et j’ai été invité à le faire. C’est une politesse républicaine qui rend aussi compte de bons usages entre élus. Mais là, dans ma ville, il me faut endurer désormais deux diatribes sans pouvoir ni répondre ni anticiper. Non seulement le procédé est anti-démocratique, mais il est surtout déplacé. Depuis quand des responsables politiques (en dehors des éloges funèbres) prennent-ils la parole au terme d’une messe ? Où est passé le respect du principe sacrosaint de la loi de 1905 instaurant la séparation de l’église et de l’Etat ? Ceci est d’autant plus choquant lorsque ces représentants du peuple s’expriment sur la place de la religion dans la société.

 

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Déplacement à la vacherie de Sales

C’est aujourd’hui que tout le monde se retrouve au festin de Venanson. A l’occasion de cette fête patronale, nous inaugurons l’installation photovoltaïque de la vacherie de Sales, pour laquelle la Région a été un partenaire très important. En effet, le montant de la subvention s’élève à 56475 euros pour une dépense totale de 142500 euros, soit 40 %.

Cette installation, réalisée sur un bâtiment d’alpage, va produire une électricité renouvelable. Sa puissance est de 25 kW en crête. Elle contribuera aussi financièrement à l’entretien et à la valorisation du patrimoine de Venanson.

La Région soutient et encourage ce type d’initiative qui, tout en dynamisant une activité d’alpage et de production de produits laitiers, développe des activités économiques ou touristiques respectueuses de l’environnement.

Par une délibération du 7 décembre 2009, l’Assemblée Régionale s’est donnée pour objectif de diminuer de 40 %  les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020.

Pour y parvenir deux moyens complémentaires sont mis en œuvre :
– le développement des énergies renouvelables à usage thermique ou électrique
– la diminution de nos dépenses et consommations d’énergie : loin d’être un reflet de nos besoins indispensables, celle-ci sont responsables, par pur gaspillage, de la surcharge de plus en plus fréquente de nos réseaux de transports et de distribution d’électricité.

La Région a lancé, fin 2006, la démarche AGIR à laquelle 70 millions d’euros ont été consacrés. Cette volonté fut réaffirmée par un nouveau programme nommé AGIR +, voté en 2010. Grâce à ces opérations, plus de 800 projets sont en cours sur le territoire régional : logements, bureaux, salles de classe,  gymnases, centres de formation, enceintes culturelles, exploitations agricoles ou encore, gîtes ruraux… Dans chaque cas,  les maîtres d’œuvre se sont engagés à respecter les principes en œuvre au sein d’AGIR et d’AGIR+.

Au final, tous ces projets, financés par le Conseil  Régional P.A.C.A. , génèrent 6 millions d’euros de recettes annuelles. Ceci représente la consommation annuelle, hors chauffage, de 7700 foyers et diminue de 1000 tonnes la production de CO2, le gaz à effet de serre considéré comme responsable du changement climatique.

On se situe donc bien ici dans l’illustration de l’agir local et du penser global

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Hollande à propos des largesses fiscales de Sarkozy

Ramener le déficit à 3% du PIB en 2013, c’est l’objectif commun que partagent gouvernement et opposition.  Et c’est bien vrai ! Il y aura donc inévitablement une augmentation des prélèvements obligatoires. Si un candidat promet l’inverse, il faut tout de suite l’éliminer, son discours est une escroquerie ! Et si les Français se laissaient berner par cette illusion, ils hypothèqueraient pour le coup l’avenir de leurs enfants. François Hollande a parfaitement situé l’enjeu dans son intervention d’hier en déclarant : « la seule question qui vaille est de savoir qui va payer l’effort ».

« Nous ne pourrons pas échapper à une remise en ordre de nos finances publiques » a expliqué François Hollande, mettant en cause ‘les largesses fiscales’ de Nicolas Sarkozy. Il énonce ainsi sa conviction : « S’il n’y avait pas eu les allègements fiscaux depuis 2002, accordés le plus souvent aux plus favorisés, nous serions à l’équilibre de nos finances publiques, il n’y aurait aucun effort à faire ». Le bouclier fiscal est bien évidemment dans le collimateur, mais également la réforme de l’ISF qui a été très couteuse pour les finances de l’État, c’est à dire, en fin de compte, pour nous tous, classes moyenne comprise !

M. Hollande a chiffré le coût de ces largesses.  Il les a évaluées à hauteur de 12 à 15 milliards d’euros alors que les finances publiques de la France sont exsangues. Pendant ce temps, l’effort proposé par Valérie Pécresse consiste uniquement à persister dans le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Les mesures fiscales décidées par Sarkozy  se sont révélées inefficaces économiquement, injustes socialement et irresponsables budgétairement. Entre l’allègement des droits de succession,  l’allègement des droits de donation,  l’exonération des charges sociale pour les heures supplémentaires, etc…. c’est à une véritable ‘cavalerie budgétaire’ que s’est livré Sarkozy depuis des années. Pourtant, ayant tous les leviers de décision en main, il aurait eu les moyens, en renonçant à certaines de ces mesures de pur clientélisme électoral, d’entamer le redressement des comptes de la Nation.

Face à la spéculation,  François Hollande estime que  l’urgence consiste désormais à tenter de rassurer les investisseurs avant l’ouverture des marchés. Il est impératif d’accélérer tout ce qui a été annoncé pour l’Europe. En quelques mots précis, il tire une leçon claire de tout ce que l’économie subit actuellement :

« C’est parce qu’il y a un retard politique qu’il y a une liberté pour la spéculation de faire, hélas, son mauvais travail »

 

 

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Un dernier salut à Charles Ehrmann

La courtoisie républicaine, mais pas seulement, me pousse aujourd’hui à évoquer sur mon blog le décès de Charles Ehrmann. Il aurait fêté ses 100 ans le 7 octobre prochain.

Charles Ehrmann, je l’ai trouvé deux fois sur ma route en 1997 et en 2002.

La première fois, ce fut en 1997. J’étais encore jeune et malgré la vague Jospin, mon manque d’implantation ne m’avait pas permis d’accéder au second tour.

La seconde fois, en 2002, c’était en tant que suppléant de Jérôme Rivière qu’il était là. Tout s’est joué sur un coup de dés puisque, malgré la victoire de Jacques Chirac et l’élimination de la gauche du second tour de l’élection présidentielle, nous étions au second tour de l’élection législative. Mais la triangulaire avec le F.N. qui m’aurait permis de l’emporter, ne fut pas au rendez-vous pour …4 voix.

J’ai toujours eu avec lui des relations courtoises. Nous nous rencontrions souvent, parfois dans des associations, parfois dans des clos de boules. Chacun faisait passer ses messages sans agressivité aucune envers l’autre. Demain, tout le monde va lui décerner des louanges. Il n’a, en fait, pas laissé un souvenir impérissable en tant que parlementaire, même s’il était un membre actif de la commission des affaires étrangères, où Michel Vauzelle l’a connu. Mais il votait contre tous les budgets du sport, qu’il trouvait chroniquement insuffisants. C’était un passionné de la chose sportive.

En fait, il avait compris que sa réélection en tant que député dépendait beaucoup moins du nombre de questions écrites qu’il déposait à l’Assemblée nationale, que du travail de terrain qu’il accomplissait. C’était notamment un homme de réseaux et on le surnommait « le pape des boulistes ». Aucun clos n’avait le moindre secret pour lui.

Si l’on devait retenir quelque chose de son action politique, j’évoquerais sans hésiter son bilan en tant qu’adjoint aux sports de la ville de Nice. Beaucoup de dirigeants s’accordent à dire encore aujourd’hui, qu’il a été un grand adjoint aux sports. Il avait été capable d’imposer certains choix à Jacques Médecin, qui avait fini par l’écarter prétextant une limite d’âge qu’il avait, bien sûr, inventée.

Ces dernières années, « Charly » a lutté contre cet ennemi qu’est le temps qui, certes, l’avait fait, par deux fois, Doyen de l’Assemblée Nationale, mais qui l’avait aussi empêché de se représenter en 2002 en tant que titulaire (il avait tout de même déjà 91 ans !).

Je terminerai ce petit billet par une anecdote savoureuse. Si ma mémoire est bonne, nous étions en 2005 ou 2006 à la cérémonie qui a lieu chaque année au Lycée Masséna pour commémorer la mémoire des anciens élèves de l’établissement fusillés par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Il était arrivé avec une mine des mauvais jours. Alors que je lui demandais durant la cérémonie si tout allait bien, il eut cette réponse magnifique :  » Non, je n’ai pas le moral, je viens encore d’enterrer un de mes anciens élèves » !

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La surenchère anti-sociale de Thierry Mariani

Souvenez-vous, il y a 16 mois, Thierry Mariani menait la liste régionale UMP contre Michel Vauzelle.

C’est en tant que leader ou porte-parole de  la « droite populaire » qu’il s’est exprimé dans le J.D.D. M. Mariani a insisté sur la nécessité d’un « fichage généralisé » des allocataires sociaux pour lutter contre la fraude sociale.

Cette lutte contre la fraude répond évidemment  autant à une exigence de justice qu’à une volonté de crédibilité de nos politiques sociales. Les Conseils généraux, notamment, et tous leurs élus locaux socialistes sont d’une extrême vigilance sur ce sujet. Il faut souligner également que c’est un député du même parti et de la même région que M. Mariani, qui, dans un rapport, a rappelé que le montant cumulé des fraudes aux prestations sociales est de 4 à 5 fois inférieur à celui des fraudes aux prélèvements sociaux. Quant à la fraude fiscale, chacun sait bien qu’elle est d’une toute autre dimension ! Ce rapporteur est le député UMP des Bouches du Rhône, M. Dominique Tian.

Après Laurent Wauquiez qui avait dénoncé le « cancer du RSA » en stigmatisant les allocataires et en exigeant,  en contrepartie à son versement, un temps de travail obligatoire, Thierry Mariani reprend la même thématique. Cette  proposition qui dénonce, stigmatise et entretient le soupçon vis-à-vis des plus faibles, relève d’un populisme  de bas étage.  Il ne s’agirait, ni plus ni moins que d’un fichage des pauvres.

C’est pourquoi, il me paraît essentiel de lutter contre cette proposition malgré les conséquences politiques qui peuvent en découler. La droite ne manquera certes pas d’agiter à nouveau le spectre du laxisme social de la gauche. Mais il s’agit là d’une question de principe qui m’apparaît fondamentale.

A la veille de l’élection présidentielle, ce qui se profile derrière cette initiative prise par l’aile droite de l’UMP est le repositionnement du débat sur des sujets clivants. On va délibérément dresser les Français les uns contre les autres. Les uns, les plus faibles, seront désignés comme des profiteurs et seront opposés aux autres, victimisés dans leur rôle supposé de payeurs. Dans une période où la question de la fiscalité et surtout de l’indispensable rôle de redistribution de l’État, sera l’un des axes central du débat national, Mariani occupe ce terrain en assimilant les plus fragiles à des fraudeurs.

Il nous revient donc, en tant que citoyens de gauche, d’être particulièrement vigilants là-dessus.

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