Vélo taxis: un dossier dans lequel l’opposition a joué son rôle.

 

Si vous reprenez les PV du conseil municipal, vous constaterez que la première fois que la question de la réglementation des vélo taxis à été mise sur la place publique, c’est à notre initiative.

J’étais intervenu après avoir reçu certains d’entre eux qui m’avaient informé de pratiques douteuses, voire mafieuses.

Il était temps d’assainir ce secteur. L’absence de réglementation avait abouti à une véritable anarchie.

Des sociétés non déclarées jouaient à l’ intimidation. Certains tarifs étaient vraiment prohibitifs et portaient atteinte à l ‘image de notre ville.

J’ ai dénoncé tout cela. J’avoue que j’avais été surpris en septembre dernier par l’avis défavorable rendu par le préfet lors d’une première tentative. Il avait mis en avant la restriction à la liberté de commerce.

Cette fois tout a été repris par un appel à la concurrence conforme aux recommandations du préfet.

Toutefois il semble que les sociétés choisies réservent certaines surprises notamment deux qui n’ont jamais exercé dans le secteur. A suivre donc !

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La région Sud face au défi de l’Algérie !

 

Présenter un quasi grabataire à la présidence de la république n’est pas à l’évidence le signe d’une démocratie en bonne santé. C’est symboliquement un désastre. Mais si le système a perdu la bataille des images, mais il n’a pas encore perdu le pouvoir.

L’ Algérie est un pays riche de son pétrole, de son gaz ( 10% de nos importations ), de ses ressources minières, de son potentiel touristique encore peu exploité, de sa jeunesse aussi, un algérien sur deux a moins de 25 ans.

Depuis la première élection d’Abdelaziz Bouteflika en 1999, cette richesse avait permis au pays de vivre avec un pouvoir stabilisé à défaut d’être vraiment démocratique.

Ce qu’il se passe depuis quelques jours, ressemble à la fois à la révolution du jasmin des voisins tunisiens et au mouvement des gilets jaunes en France. Ce ne sont pas que des mouvements qui se déclenchent dans les capitales avec pour seule contestation celle venant des intellectuels, des universités, etc. Ces trois mouvements ont un point commun. Ils sont partis du sentiment d’abandon et de la notion d’inégalité territoriale. Ce sont des mouvements profonds venant de la ruralité qui trouvent leurs carburants dans le rejet de l’injustice sociale.

On sent monter de la rue un besoin de liberté, la volonté d’en finir avec un régime qu a fait stagner des millions de personnes et qui est à bout de souffle.
La dernière astuce, déjà utilisée de la promesse , une fois réélu, de démissionner pour organiser de nouvelles élections ressemble à une manière de gagner du temps, de calmer le jeu car d’ici le 16 avril, date de l’élection présidentielle, il y a encore sept vendredi, et donc autant d’appels à manifester.

Ce qu’il se passe est important et les réseaux sociaux relaient abondamment ce que la télévision de l’ORTF algérienne essaie de minorer. Les manifestation n’ont jamais été aussi gigantesques.

Bien entendu cette affaire est complexe pour la France, et pour notre région, qui est , hors région parisienne, la première région d’accueil d’immigrés algériens.
Une nouvelle génération de responsables politiques algériens pourrait émerger à cette occasion et la France peut jouer un rôle positif dans cette affaire.

Elle n’est pas obligée de réitérer sa positon caricaturale pendant la révolution tunisienne qui amena Michèle Alliot Marie à proposer l’envoi de CRS pour montrer aux tunisiens comment maintenir l’ordre ! Si la France commence à être frileuse, si elle est en retard sur le soutien à apporter au peuple algérien, alors il pourrait y avoir un danger. Il ne faut pas oublier le rôle essentiel que joue l’Algérie, avec son armée dans le contrôle du Sahel contre les djihadistes au Mali. La France ne peut pas non plus être interventionniste : pas d’ingérence mais pas d’indifférence non plus.

Pour le moment, la mobilisation actuelle est vraiment citoyenne. elle n’est ni attisée, ni encadrée par les islamistes. D’ailleurs, il faut noter que les femmes sont très présentes dans les manifestations.

Mais ils peuvent,comme ailleurs, rafler la mise si on est pas de suite aux cotés du peuple, si on aide pas le peuple algérien à construire une nouvelle démocratie, à se doter de nouvelles institutions et à bâtir un nouveau plan de développement économique.
J’entends monter l’idée qu’il pourrait y avoir si cela tourne mal une vague migratoire sans précédent d’algériens vers la France. Je ne suis pas sûr de ce scénario. Il est évident que notre région serait très exposée parce chaque algérien de notre région a laissé une partie de sa famille sur l’autre rive, parce que ceux de la 2eme et 3eme génération , français, ont des cousins, des oncles sur l’autre rive.

Mais on peut aussi avoir le phénomène inverse car de nombreux algériens de la région Sud ont réalisé des investissements en Algérie, parce que des investisseurs européens attendent une libéralisation économique, la fin de la règle du 51% qui fait qu’aucun étranger n’est actionnaire majoritaire dans ce pays. Si cette ouverture économique s’opérait, alors des jeunes français de racine algérienne qui regardent l’Algérie, pourrait avoir envie d’y retourner si cela bouge.

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Remettre la République au cœur des quartiers !

 

Cette belle phrase rappelle la grandeur du défi qui se dresse devant les pouvoirs publics. Mais cette phrase est aussi un paravent utilisé par de nombreux élus pour masquer la vacuité de leurs choix politiques dans le domaine de la politique de la ville, qui est à la dérive.

Les résultats sont là. Même les associations les plus soutenues par la ville, comme ADAM, tirent la sonnette d’alarme. Des dizaines d’autres licencient, diminuent leurs volumes d’activités.

Il en est de même au niveau du logement et plus particulièrement de l’absence d’entretien des immeubles, notamment du parc social de Côte d’Azur Habitat. Ce qu’il se passe aux Liserons depuis samedi où la tuyauterie de l’eau chaude d’un immeuble a cédé provoquant des inondations de garages et autres, en est le dernier exemple en date. Et qui paiera ? Encore les locataires sur leurs charges ?

Ce sera un des grands enjeux des prochaines élections municipales car la cohésion sociale et le vivre ensemble de la ville en dépendront.

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Dominique Sopo à Nice : la complexité en face

 

Dominique Sopo, président de SOS Racisme était hier soir l’invité de la fédération du PS06.
On aime ou on aime pas. En tout cas on a passé une soirée passionnante où toutes les questions ont été mises sur la table pendant 2h30 sans que l’on voit le temps passer ce qui est bon signe.
Il a répondu à tout, en laissant la langue de bois sur le trottoir.

Voici quelques extraits de ce qu’il a pu dire:

L’ Antisémitisme en France ce n’est pas la responsabilité des musulmans, ses racines sont bien plus anciennes et il trouve un écho particulier à cause de la collaboration. Le juif a été le bouc émissaire en France depuis longtemps.

Les manifestations et les marches sont utiles parce que la logique haineuse doit être confrontée à la réaction de la société.

Quelque chose vacille dans la société française parce qu’aux yeux d’une partie du peuple, le pouvoir à perdu sa légitimité et les cadres de la contestation, notamment les syndicats sont affaiblis.

On est dans une période où il y a une convergence des antisémitismes de plusieurs origines. Contre le système, contre le pouvoir, le juif apparait responsable. C’est l’aspect totalement paranoïaque de l’antisémite. Ce fantasme que le juif contrôle tout alors que les Juifs en France représentent 1% de la population.

Mais il faut faire attention de ne pas opposer la haine à la haine. Et de ne pas tomber dans une forme de stigmatisation de la culture arabo-musulmane.

Les logiques complotistes et cette spirale de délire n’a qu’une conséquence, la
restriction de l’espace du vivre ensemble. Or il y a un risque à quitter le vivre ensemble, c’est de se réfugier derrière une culture communautaire.

C’est en même temps ignorer le fait que des gens qui naissent en France se socialisent politiquement ici.

Le vivre ensemble c’est un pari sans cesse renouvelé. Et cela repose sur le traitement des grandes questions. Par exemple on parle de la Shoah depuis peu de temps. Avant on n’en parlait pas. Il est possible de faire émerger des sujets : la question de l’esclavage, celle du colonialisme, de guerre d’Algérie par exemple.

Ces passions ne sont pas mises au travail pour qu’elles puissent être dépassées. Souvent des racistes viennent utiliser ces passions dans une logique destructrice.

Quelles solutions ?

Il faut utiliser le droit de déposer plainte. Il faut faire condamner pour rappeler que le peuple a décidé que pour vivre ensemble il fallait des règles minimales.
Ceux qui se plaignent de la dictature antiraciste ne sont que contre les arabes et les Juifs. Il y a des limites à la liberté d’expression quand cela met en danger des groupes et la vie. Mais il faut se méfier du tout juridique. Le juridique n’épuise pas le combat politique. On a peur de s’ affronter à une société violente on demande la protection de la loi.

On peut dire qu’on est pour un état binational sans être condamné pour antisionisme. Par contre, l’agression de Finkelkraut est antisémite. Elle veut dire Toi tu es un juif, tu es un corps étranger ici. L’agresseur ne dit pas va à Tel Aviv mais retourne à Tel Aviv.

Il y a là question de l’éducation. Mais l’éducation ce n’est pas que l’école. C’est aussi ce qui est montré à la télévision.

Les jeunes ne sont pas plus racistes qu’il y a 20 ans. Les phénomènes d’entre soi social religieux posent la question plus générale de repli. SOS Racisme est en train de prendre une initiative : Salam chalom salut.

Dominique Sopo a abordé d’autres sujets notamment celui de la complexité des identités. La complexité des identités des jeunes juifs, notamment ceux dont un ou plusieurs aïeul ont été victimes de la Shoah. Celles des jeunes arabes dont les grands parents ont vécu la colonisation. Un Martiniquais est toujours un descendant d’un esclave. Tout cela continue à susciter des passions très fortes. Il ne s’agit pas d’ être à la place de l’autre mais de le comprendre.
Ceux qui viennent dire qu’on ne peut pas lutter ensemble sont dangereux parce qu’ils sont porteurs de discriminations intolérables.

À propos des défenseurs de la laïcité et de l’égalité homme-Femme, le président de SOS Racisme s’interroge sur cette montée de militantisme venant de gens qui s’en fichait avant.
C’est une phénomène politique inquiétant parce qu’il fige les gens. Ce qu’ils dressent, ce n’est pas une exigence républicaine c’est un constat de ne pas pouvoir vivre ensemble.

La perception qu’on a des filles qui portent le voile. On a envie de créer des dynamiques d’émancipation. Mais l’ hystérisation de l’affaire du Burkini sur les plages créent ce qu’ils prétendent combattre.

Les jeunes ne se fréquentent plus en dehors de l’école. Cela aura des conséquences plus tard.
Il est possible de légiférer en remettant plus de carte scolaire, en développant des collèges multi-secteurs. Il faut aussi cultiver le commun. S’il n’y a pas suffisamment de commun, si on
sent que c’est contre soi, alors on ne peut que se solidariser de l’autre côté et cela peut avoir des effets cataclysmiques.

Il y a là dedans des affirmations qui ne plairont pas à tout le monde, des questions qui demeurent ouvertes, des analyses. Et tout de quoi faire vivre un débat riche et respectueux qui n’est pas près d’être clos.

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Que penser du Hijab de running?

 

Le pays est en train de s’offrir une polémique dont il raffole et qui n’est peut être que la conséquence d’un coup de publicité pleinement réussi.

En effet pourquoi Décathlon a-t-il annoncé la commercialisation du hijab de running en montrant le modèle noir?

Moi qui ne peut être soupçonné d’ islamophobie j’ai réagi de suite. Je me suis dit ça ce n’est pas possible. On aurait dit une cagoule. En tout cas quelque chose qui cache le visage et qui de facto tombe sous le coup de la loi qui exige que l’on voit le visage de chacun d’entre nous.

Pourquoi Décathlon n’a-t-il pas de suite fait sa campagne de promotion publicitaire en montrant le visage rassurant et souriant de ces deux femmes en hijab du running que l’on voit depuis seulement 48 heures?

Ou le patron de la communication de Décathlon est un génie ou bien c’est un nul qu’il faut limoger !

Dès l’instant où ce nouvel article ne tombe pas sous le coup de la loi, il est autorisé et peut donc être commercialisé.

Sur l’utilisation je n’y vois pas d’inconvénients. Je cours régulièrement au stade Vauban et j’y croise de plus en plus fréquemment des femmes voilées, souvent engoncées dans de lourds survêtements et je suis admiratif de leur ténacité. Une femme musulmane qui pratique le sport par liberté de choix est pour moi dans un cycle d’évolution positive.

Comme chacun-e d’entre nous, elle peut prétendre à des évolutions vestimentaires lui permettant de rendre plus confortable la pratique du running et d’améliorer ses performances.

Ce qui est inquiétant, c’est le déferlement de haine qu’à provoqué cette affaire sur les réseaux sociaux notamment. Cela a amené Décathlon à renoncer à cette commercialisation, plusieurs de ses employés ayant reçu des menaces y compris des menaces de mort. L’intolérance d’où qu’elle vienne est toujours le symptôme d’une société qui va mal et qui est de plus en plus violente.

Cette affaire va vraisemblablement se tasser. Hier j’ai vu une jeune femme avec un hijab de running de la marque Nike. Personne ne pourra empêcher cette femme de courir avec. Ainsi les françaises de confession musulmane achèteront des hijabs d’une marque américaine. Et Décathlon ne pourra pas vendre les siens en France. C’est une histoire de fous.

Il y a fort à parier que, les derniers feux de la polémique éteints, Décathlon vendra ses hijabs de running.

Reste la question de départ. Pourquoi avec démarré la campagne de communication avec un hijab noir qui ressemblait à une cagoule ? Coup de génie pour que l’on parle de Décathlon dans le monde entier ou énorme bug de communication. Qui a manipulé qui ?

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